Lac à l’épaule : souvenirs… | 2011

En novembre 2011, l’équipe de La 2e Porte à Gauche entreprenait son premier Lac à l’Épaule… Extraits du PV…

EXPÉRIENCE : Frédérick Gravel, fondateur de La 2e Porte à Gauche | Photo : Benoît Dhennin (2011)

EXPÉRIENCE : Frédérick Gravel, fondateur de La 2e Porte à Gauche | Photo : Benoît Dhennin (2011)

1. Philosophie de l’organisme

Nous sommes davantage intéressés par la recherche et l’exploration, par l’expérience, que par la production de spectacles dans des formes classiques, ou comme aboutissements ultimes.

Nous sommes un labo de recherche, nous y invitons des artistes à partager nos champs de recherche.

2. Mandat

– Faire des collaborations de création.
– Offrir un terreau propice à l’épanouissement artistique des membres.
– Travailler sur le développement artistique.
– Chercher beaucoup et partager cette recherche à travers des spectacles, des articles, des ateliers.

Marie Béland, cofondatrice de La 2e Porte à Gauche

INCUBATEUR : Marie Béland, cofondatrice de La 2e Porte à Gauche | Photo : Benoît Dhennin (2011)

3. Image et notoriété : La 2e Porte à Gauche est perçue comme…

Incubateur, générateur, cellule, plateforme, inducteur, stimulateur, vibromasseur du milieu, incitateur, agitateur,  regroupement d’idéateurs et de concepteurs, fédérateur.

METTRE en action la pensée et la réflexion. Faire avancer la réflexion. Propulsion.

Espace de dialogue et de réflexion entre le public et les artistes.

Quand on invite les gens dans nos projets, on les invite à rentrer, en quelque sorte, dans notre « école ».

4. Vues de l’intérieur et aspirations…

CARREFOUR : Katya Montaignac | Photo : Benoît Dhennin

CARREFOUR : Katya Montaignac | Photo : Benoît Dhennin (2011)

Katya Montaignac : La 2e Porte est un carrefour. Aller chercher les nouveaux membres, les avoir accueillis. Avoir de nouvelles visions.

Catherine Gaudet : Réfléchir en gang autour de projets complexes et compromettants. J’ai envie que La 2e Porte soit audacieuse.

Fred Gravel : Ce qui me branche dans La 2e Porte, ce sont les projets impossibles et les projets de collaboration. Quand on signe un truc en gang, on signe un Manifeste. On ne développe pas un organisme, on développe avant tout des artistes.

Marie Béland : Les choix professionnels que nous faisons individuellement touchent le groupe. Quelle est la frontière? La 2e Porte prend de plus en plus de place. Équilibre à trouver entre nos désirs et nos possibilités. Comment concilier et positionner nos différentes implications (projets personnels vs collectifs).

Rachel Billet | Crédit Photo : Benoît Dhennin

PERMÉABILITÉ : Rachel Billet | Photo : Benoît Dhennin (2011)

Rachel  Billet: Quand je suis entrée dans La 2e Porte, c’était au moment d’une grande décision dans ma vie : celle d’immigrer au Québec. J’étais dans une dynamique de recherche et m’intéressais aux nouveaux modèles de fonctionnement. J’aimais le lien entre l’artistique et l’administratif. La « perméabilité »…

Lire aussi : Pourquoi La 2e Porte à Gauche ? (conversation entre membres | 2008)

Rendez-vous à l’hôtel | Épisode #8 : les rumeurs…

Quelques échos sur le spectacle 2050 Mansfield : rendez-vous à l’hôtel

Christian Saint-Pierre sur le blogue de la revue JEU | 2050 Mansfield : Chambres fortes | 2 février 2014 :  » Ce genre de spectacle, qui nous fait découvrir de nouveaux horizons, qui brouille les cartes, joue avec les conventions, mélange les disciplines et surtout réinvente le rapport entre la scène et la salle, l’œuvre et le public, dieu sait qu’on en voudrait plus, beaucoup plus !  »

Frédérique Doyon dans Le Devoir | Brouiller le désir et le rôle du spectateur | 27 janvier 2014 :  » L’idée du collectif de La 2e Porte à Gauche est aussi séduisante que le résultat troublant pour le spectateur, qui voit sa posture de voyeur exacerbée. Une expérience inusitée, aussi titillante que réjouissante.  »

Iris Gagnon-Paradis dans Dfdanse | Pour voyeurs avertis | 29 janvier 2014 :
 » ce nouvel ovni de La 2e Porte à Gauche propose d’abord une rencontre – qu’elle soit fusionnelle ou fracassante – entre ces deux médiums que sont la danse et le théâtre. Et interroge les liens unissant les deux au passage. […] En filigrane, la création joue aussi fortement sur les codes de la représentation – un sujet cher à La 2e Porte à Gauche -, proposant ici et là de jolies mises en abîme du spectacle dans le spectacle.  »

Extrait vidéo de la chambre 406 tourné par The Gazette : http://dai.ly/x1a6sx0

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CHAMBRE 406 : Emmanuel Schwartz et Peter James mis en scène par Frédérick Gravel et Catherine Vidal | 2050 Mansfield : rendez-vous à l’hôtel de La 2e Porte à Gauche à l’Hôtel Le Germain de Montréal | Programmation Hors les murs de l’Agora de la danse | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Aline Apoltolska dans le journal La Presse | Le plaisir ambigu du voyeur | 27 janvier 2014 :  » Un parcours inattendu et subtil. Toujours délectable « .

Philippe Couture dans Voir | Le voyeurisme encouragé | 28 janvier 2014 :
 » Les duos de chorégraphes et metteurs en scène formés pour l’occasion (et choisis parmi la crème de la scène contemporaine montréalaise), n’ont pas raté leurs rendez-vous intimistes avec Eros et Thanatos. […] leur approche de l’art in situ est portée par un réel désir de fouiller les lieux qu’ils envahissent pour en extraire un éventail de possibles, pour interroger de manière très organique la place qu’y occupe l’humain et le rôle des interactions qui s’y jouent.  »

Frédérique Doyon dans Le Devoir | Nuit clos sur le couple | 25 janvier 2014 :
 » Rendez-vous à l’hôtel nous rappelle qu’au fond, danse et théâtre forment un vieux couple, quand on remonte le cours de l’histoire. Mais un couple qui sait mettre du piquant pour se renouveler… »

Victor Swoboda dans The Gazette | Four rooms with a view | 24 janvier 2014  :
 » In a bedroom setting where spectators are close enough to reach out and touch the performers, it could be possible to achieve a level of intimacy that’s virtually unattainable in a traditional theatre « .

Clara Furey et Francis Ducharme sont Roméo et Juliette mis en scène par Catherine Gaudet et Jérémie Niel à l'Hôtel Le Germain de Montréal | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Clara Furey et Francis Ducharme sont Roméo et Juliette mis en scène par Catherine Gaudet et Jérémie Niel | 2050 Mansfield : rendez-vous à l’hôtel de La 2e Porte à Gauche à l’Hôtel Le Germain de Montréal | Programmation Hors les murs de l’Agora de la danse | Crédit photo : Claudia Chan Tak

 

Sur les blogs :

Nayla Naoufal sur Dance From The Mat | 4×2 – Vues sur chambres d’hôtel | 3 février 2014 :  » les propositions variées qui en ont résulté donnent à vivre une immersion dans un univers performatif mixte, sensible et expérientiel. Comme s’il était possible de plonger au cœur d’un film et de sentir le souffle des acteurs et les frémissements de leur peau. « 

Laure Julliard sur Une parisienne à Montréal | Regard croisé sur le couple | 27 janvier 2014 :  » L’expérience est esthétique, troublante et novatrice : elle se grave dans la mémoire. (…) un univers subversif, inattendu et pertinent.  »

Marie-Ève Beausoleil dans La Bible urbaine | Danse de chambre | 28 janvier 2014 :
 » l’hôtel ne consiste pas en un simple décor et une panoplie d’accessoires tout prêts. Il impose une expérience plus engageante physiquement et mentalement, tout en constituant un élément sémantique fondamental du spectacle. Les évocations qui en émanent sont multiples et puissantes. […] 2050 Mansfield / Rendez-vous à l’hôtel prouve brillamment que le jeu en vaut la chandelle.  »

Mathieu Gosselin et Marilyne St-Sauveur mis en scène par Marie Béland et Olivier Choinière à l'Hôtel Le Germain de Montréal | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Mathieu Gosselin et Marilyne St-Sauveur mis en scène par Marie Béland et Olivier Choinière | 2050 Mansfield : rendez-vous à l’hôtel de La 2e Porte à Gauche à l’Hôtel Le Germain de Montréal | Programmation Hors les murs de l’Agora de la danse | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Valéry Drapeau sur Boucle Magazine | Un « speed dating » entre la danse et le théâtre | 2 février 2014 :  » Danse-théâtre, théâtre dansé, pièce chorégraphique ou chorégraphie dialoguée… Je ne saurais trouver le terme exact de cette rencontre merveilleusement ambiguë au 2050 Mansfield  »

Marie-Ève Beausoleil dans La Bible urbaine | 21 janvier 2014 :  » L’œuvre s’annonce à la fois intelligente, interactive et émouvante. C’est donc un rendez-vous à l’hôtel à ne pas manquer.  »

Nathalie de Han sur Dfdanse | Le mariage méthode Montaignac | 20 janvier 2014

Philippe Couture dans Voir | Rencontre à l’aveugle (entrevues audio avec 4 créateurs) | 20 janvier 2014

Jérémie Niel et Vanessa Bousquet invités à l’émission radio Danscussion : http://media.choq.ca/audio/emissions/danscussions/2014/01/22571-emission-du-28-janvier-2014.mp3

Traces de spectateurs :

Merci pour cette expérience! J’ai vraiment beaucoup apprécié les performances proposées, j’aurais aimé continuer toute la nuit à ouvrir des portes de chambres d’hôtel pour y découvrir de nouveaux univers…
Robert St-Amour sur Facebook :
(…) Je m’en voudrais de ne pas mentionner le professionnalisme des organisateurs et des créateurs qui dès mon entrée ont fait en sorte que mon passage soit mémorable. Merci à vous de « La deuxième porte à gauche », de l’Agora de la danse et de l’Hôtel St-Germain.

Rendez-vous à l’hôtel | Épisode #5 : Le docu-roman…

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2050, Mansfield : rendez-vous à l’hôtel | 2014 | La 2e Porte à Gauche | Interprètes sur la photo : Clara Furey et Francis Ducharme | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Le regard subjectif posé par la caméra de Claudia Chan Tak nous poursuit tout au long du processus et colore peu à peu le projet (photos, visuels, affiches, dépliant, teasers…).

On s’habitue à sa présence dans nos chambres, on oublie son objectif qui nous scrute pourtant et on s’amuse à découvrir ses capsules vidéo. Ce documentaire in progress est une véritable création en soi. Un projet d’archivage créatif qui devient une œuvre parallèle à celle qu’il documente…

À la fois interprète versatile, chorégraphe audacieuse, photographe et vidéaste prisée, Claudia est une artiste aux multiples talents que nous avons invité pour son regard aiguisé de danseuse qui photographie la danse.

Épisode #5 : Le docu-roman d’un processus de création

Musique : « Dial Up » de Chrispy
Tous droits réservés © 2013

Pour voir le projet de documentation complet : clchantak.wix.com/2050mansfield

La 2e Porte à Gauche donne rendez-vous au public dans le magnifique Hôtel Le Germain à Montréal à partir du 25 janvier 2014.
Réservez vos places à l’Agora de la Danse !

Rendez-vous à l’hôtel | Épisode #3 : le méta-couple…

Mixoff 2013 : Marie Béland et Olivier Choinière unis pour le meilleur comme pour le pire | Photo : Claudia Chan Tak

Mixoff 2013 : Marie Béland et Olivier Choinière unis pour le meilleur comme pour le pire | Photo : Claudia Chan Tak

Notre premier couple de créateurs, composé du metteur en scène Olivier Choinière et de la chorégraphe Marie Béland, a commencé à travailler ensemble à l’occasion du MIXOFF dans le cadre du OFFTA 2013. C’était notre « méta-couple » (le couple qui étudie la figure même du couple…).

En effet, tous deux ont l’habitude de disséquer dans leurs œuvres respectives les conventions du spectacle vivant. Ensemble, ils se sont attelés à déconstruire les clichés du couple: comment celui-ci agit comme un modèle aliénant qui formate la société, notamment à travers le cinéma, la télévision, la chanson et le spectacle vivant qui magnifient l’image du couple…

Ils ont également joué à souligner les clichés du couple danse/théâtre.

Marie Béland et Olivier Choinière | Hôtel Le Germain | La 2e Porte à Gauche | Photo : Claudia Chan Tak

Marie Béland et Olivier Choinière | Hôtel Le Germain | La 2e Porte à Gauche | Photo : Claudia Chan Tak

L’artiste Claudia Chan Tak, invitée à suivre le processus de création avec sa caméra, a immortalisé le fruit de cette union artistique :

Épisode #3 : Le « méta-couple » (mai 2013)

Création et interprétation : Marie Béland et Olivier Choinière
Œil extérieur : Katya Montaignac
Musique : « Et des baisers » de France Gall
Montage vidéo : Claudia Chan Tak

Pour voir le projet complet : clchantak.wix.com/2050mansfield
Tous droits réservés © 2013

Quelques échos suite à leur rencontre artistique présentée lors du Mixoff et repris en octobre 2013 au Laboratoire de l’Agora de la danse :

mixoff-portait-marie-olivier“Il y a de ces concepts que l’on souhaite ardemment éviter, parce qu’ils nous fatiguent par leur banalité, mais surtout par leurs débouchés inévitablement clichés. Pourtant, là se dirige tout le propos pour Marie Béland et Olivier Choinière dans ce projet présenté par La 2e Porte à Gauche. (…) Le couple, sujet de tout bon refrain est encore à la mode et vaut bien l’interprétation des arts qui allient les collaborateurs de MIXOFF  ; le théâtre et la danse. (…) En fait, ils nous vendent leur couple par cette mise en image vivante, mouvante de l’idéal du couple“ (De la nappe fleurie à pourquoi la plier | Justine Parisien-Dumais, Dfdanse, samedi 26 octobre 2013).

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Marie Béland et Olivier Choinière : Mixoff 2013 | Photo : Vivien Gaumaud

“Des milliers de baisers pour un mariage réussi entre danse et théâtre. (…) En tant que spectateur, le sentiment de devenir un invité privilégié s’installe graduellement en nous grâce, entre autres, aux enregistrements réalisés par Olivier Choinière durant ses premiers rendez-vous avec la chorégraphe. De par ces conversations intimes entre eux on nous accorde un accès de premier choix aux réflexions qu’ont actuellement chacun d’eux quant à leur médium artistique” (Amalgame éclectique de disciplines | Audray Julien, Dfdanse, mercredi 23 octobre 2013).

Réservez vos places à l’Agora de la Danse pour découvrir le résultat final réunissant 4 couples de créateurs.

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Marie Béland et Olivier Choinière : Mixoff | La 2e Porte à Gauche, Agora de la Danse et OFFTA | Photo : Claudia Chan Tak

Rendez-vous à l’Hôtel | Épisode #2 : rendez-vous à l’hôtel…

2050, Mansfield : rendez-vous à l'hôtel | La 2e Porte à Gauche | Interprètes sur la photo : Clara Furey et Francis Ducharme | Crédit photo : Caludia Chan Tak

2050, Mansfield : rendez-vous à l’hôtel | 2014 | La 2e Porte à Gauche | Interprètes sur la photo : Clara Furey et Francis Ducharme | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Pour son nouveau projet de création, La 2e Porte à Gauche donne rendez-vous au public dans le magnifique Hôtel Le Germain à Montréal à partir du 25 janvier 2014.

Chaque couple de créateurs, composé d’un metteur en scène et d’un chorégraphe, investit l’espace d’une chambre d’hôtel pour concevoir une proposition artistique intimiste autour de la figure du couple.

Réservez vos places à l’Agora de la Danse !

L’artiste Claudia Chan Tak est invitée à suivre le processus de création avec sa caméra. Regard subjectif et artistique sur une œuvre en cours…

Épisode #2 : Visite de l’hôtel Le Germain (mai 2013)

Pour voir le projet complet : clchantak.wix.com/2050mansfield

Directrice artistique : Katya Montaignac
Directrice de production : Vanessa Bousquet
Vidéaste : Claudia Chan Tak
Musique : « Take Five » de Dave Brubeck

Tous droits réservés © 2013

Rendez-vous à l’hôtel | Épisode #1 : première rencontre…

Pour son nouveau projet de création, La 2e Porte à Gauche a marié 4 chorégraphes avec 4 auteurs/metteurs en scène : Catherine Gaudet & Jérémie Niel, Catherine Vidal & Frédérick Gravel, Olivier Keimed & Virginie Brunelle, Marie Béland & Olivier Choinière (cf. Laboratoires publics) autour de la représentation du couple sur scène. Ainsi unis pour le meilleur et pour le pire, qu’adviendra-t-il du duo danse/théâtre ?

La 2e Porte à Gauche - 2050 rue Mansfield - Rendez-Vous à l'hôtel

Rendez-vous à l’hôtel | La 2e Porte à Gauche | Crédit photo : Claudia Chan Tak

L’artiste Claudia Chan Tak est invitée à suivre ce nouveau projet de création de La 2e Porte à Gauche avec sa caméra. Regard subjectif et artistique sur une œuvre en cours réunissant 4 couples de créateurs…

Épisode #1 : Première réunion artistique à la Buvette Chez Simone (mars 2013)

Pour voir le projet complet : clchantak.wix.com/2050mansfield

Directrice artistique : Katya Montaignac
Directrice de production : Vanessa Bousquet
Vidéaste : Claudia Chan Tak
Musique : « Simone » de La Compagnie créole

Tous droits réservés © 2013

Pourquoi La 2e Porte à Gauche ? | Conversation entre membres : mars 2008

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Chacun sa porte : la vision de Frédérick Gravel… | Crédit : Katya Montaignac

Frédérick Gravel : La 2e Porte, c’est un espace, c’est un endroit autre, c’est une autre voie. On voulait seulement s’obliger à créer des événements qui n’existent pas ou plus.

On n’est pas diffuseurs, ni un « collectif », ni la Gravel Company, ni un syndicat, ni un groupe de pression, on voulait apporter une nouvelle façon de voir le travail des artistes.

Marie Béland : Comme dit Fred, une porte de sortie vers la voie alternative, sans le mot « danse » qui nous ramène inévitablement à la formule des compagnies. Une bulle créative qui ne s’apparente à rien de ce qui existe : « 2e » comme une alternative à la première, comme un plan B, un second regard, comme une ouverture sur une discipline, une membrane qui à la fois cache et révèle un univers, une barrière mobile qui laisse la circulation se faire dans les deux sens, et puis « gauche », comme le cerveau gauche, la créativité, le sens artistique…

Faire surgir la danse, là où on ne l'attend pas...

« Faire surgir la danse, là où on ne l’attend pas… » | Sur la photo : Marie Béland. Crédit : Katya Montaignac

Katya Montaignac : La 2e Porte à Gauche est un outil collectif qui permet d’imaginer la danse contemporaine autrement que dans son cadre conventionnel (un spectacle en salle). Aller à la rencontre du spectateur en investissant des espaces publics inusités (vitrines, parcs, rue), plutôt que de le convoquer dans un théâtre et attendre qu’il remplisse la salle !

Faire surgir la danse là où on ne l’attend pas et spécialement dans des endroits publics (même si ça a pu déjà se faire, notamment aux États-Unis dans les années 1960 et 1970, mais aussi dans plein d’endroits divers et variés dans les années 1980 ou même encore maintenant : chambres d’hôtel, vallée, forêt, rues, bibliothèque, etc.).

Fred : Au Québec, rien n’existe qui ressemble vraiment à La 2e Porte, et c’est pourquoi on l’a inventé. En revanche, il faut passer du temps pour l’expliquer parce qu’on est trop habitué aux compagnies de danse…

La 2e Porte est unique en ce qu’elle propose des activités reliées à la danse sans s’attacher à un lieu et suscite des collaborations qui ne vont pas nécessairement de pair au premier regard.

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La 2e Porte à Gauche selon Marie Béland… « Chercher à décloisonner la danse »| Crédit : Katya Montaignac

Marie : L’idée est de ne pas focusser sur un seul auteur, d’avoir une programmation large, diversifiée, faire participer un nombre impressionnant d’artistes du milieu, et enfin avoir une double commande : une envers le public et une envers les artistes, voilà qui est unique en soi au Québec. Ce qui pourrait définir de façon plus large notre type de pratique, c’est peut-être l’idée de décloisonnement.

Johanna Bienaise : La 2e Porte innove dans le choix de lieux inusités, dans l’organisation d’évènements qui impliquent plusieurs chorégraphes, développe une réflexion sur le rapport avec le public, organise des évènements qui sortent de la description de spectacles habituel: salle de spectacle, désacralisation de l’œuvre, de la performance, temps limité, généralement 1h pour un show normal. Par exemple : The Art (prononcez dehors) durait 6 heures. C’est une réflexion sur la reconfiguration possible d’un « show ».

La 2e Porte se différencie aussi par le fait que ses administrateurs sont des gens du milieu, des artistes engagés, sans agent.

La 2e Porte à Gauche vue par Katya Montaignac...

La 2e Porte à Gauche vue par Katya Montaignac… Pour qui ? Pourquoi ? Comment ? Où ? | Crédit photo : Marie Béland

Katya : La 2e Porte se distingue par son implication dans le milieu et son engagement quasi politique (au sens du « rôle de l’art et de l’artiste dans la société », la fonction du spectacle et de la représentation, notamment dans le vaste « souk » du marché de l’art et de l’industrie du divertissement). À d’autres époques, on se contentait (surtout en danse) de faire du beau, du fort et de l’émouvant… On ne réfléchissait pas forcément sur les tenants et aboutissants d’un spectacle de danse… On parlait d’expressivité, d’intériorité ou de mouvement formel (« le mouvement pour le mouvement »), d’écriture (et de « signature »), mais pas forcément du rôle et des enjeux de la création chorégraphique (pour quoi ? pour qui ? où ? comment ? pourquoi aujourd’hui ?…).

La 2e Porte réfléchit à ce titre à « l’accessibilité » de la danse contemporaine. Ce rapport au public me semble un axe de réflexion privilégié (et original).

On est toujours plus fort en groupe que seul. De tout temps, les artistes se sont regroupés. Si on ne parle que du Québec, pensons à Paul-André Fortier qui a fondé Montréal Danse avant sa propre compagnie ou encore à Ginette Laurin et Louise Bédard qui, en plus d’être interprètes à droite à gauche, se regroupaient avec Daniel Soulières et d’autres pour des événements collectifs où chacun chorégraphiait pour les autres. Ils cherchaient alors à présenter la danse autrement (via des soirées d’impro par exemple ou avec des échanges musique et danse, sans compter les shows dans des discothèques, dans les jardins du Musée d’art contemporain, dans les bars). Sans parler de toute la gang qui a fondé le RQD. Ou encore plus récemment Circuit Est. L’union fait la force : certains projets sont ainsi possibles seulement à plusieurs. Seul, n’importe qui s’épuiserait. À plusieurs, on s’entraide, on se soutient et on se répartit les tâches ! Se regrouper permet de se donner les moyens de concrétiser des initiatives plus ambitieuses ou folles, qui seraient difficilement réalisables seul.

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La 2e Porte à Gauche en 2008 : Marie Béland, Johanna Bienaise, Katya Montaignac, Amélie Bédard-Gagnon et Frédérick Gravel | Crédit photo : Anne Massot

Enfin, un truc un peu nouveau en danse à mes yeux : c’est le « partage des ressources ». Il me semble qu’avant c’était un peu du chacun pour soi, chacun gère « sa » compagnie et se débrouille individuellement. Or là, on commence à penser qu’on ne « perd » pas forcément quelque chose quand on partage ses ressources mais au contraire qu’on a tout à y gagner ! Désormais, les compagnies se définissent autrement que sous le nom d’un unique chorégraphe, mais plutôt comme un groupe de collaborateurs artistiques réunis autour de projets. On n’est plus tout à fait dans l’optique de servir la promotion d’un seul nom. Sans pour autant être des œuvres collectives (au sens parfois utopique du terme), les spectacles sont avant tout le fruit d’une collaboration/rencontre entre plusieurs artistes (que Christophe Wavelet nomme les « coalitions temporaires »), où chacun a sa place, chacun apporte son grain de sel.

Au-delà des ressources matérielles, je pense bien entendu que le plus important dans cette idée de « partage », c’est l’échange entre pairs, la discussion, le débat, la mise en commun de réflexions qui permet de développer un espace critique et donc de s’interroger, voire de se remettre en question et de se positionner face à son milieu, son art, son histoire, ses pairs, la création actuelle, etc. Ça me paraît nécessaire et primordial pour le développement « naturel » d’une culture chorégraphique.

The Art (prononcez dehors) | 2006 : Se confronter au public 1/4

Parmi les douze projets présentés en 2006 durant les quatre jours de l’événement The Art (prononcez dehors), chaque proposition engageait une rencontre particulière avec le public. Le spectateur a donc croisé non pas une conception de la danse contemporaine mais une pluralité de visions artistiques. C’est d’ailleurs peut-être précisément cette variété de points de vue qui caractérise le prisme (complexe) de la danse contemporaine. L’événement a ainsi permis, on l’espère, d’ouvrir non seulement le regard du spectateur sur la danse, mais de confronter également l’artiste à une multiplicité de regards possibles sur son œuvre. Durant les tables rondes organisées chaque soir, les chorégraphes ont pu réfléchir sur les enjeux et l’impact de leurs propositions.

The Art (prononcez dehors) | 2006

Les Radicaux de Julie Châteauvert | interprètes : Élodie Lombardo, Josianne Latreille, Geneviève Smith-Courtois, Séverine Lombardo, Lily Lapierre | Photo de Maurice Pressé

Une confrontation directe avec le public

La plupart des artistes impliqués ont constaté avoir abordé leur projet avec une certaine naïveté, avec l’idée que ce qu’ils offraient au public serait forcément regardé avec attention et reconnaissance. Or, dehors, le public n’est résolument pas le même qu’au théâtre où il a acheté un billet pour voir un spectacle et où il est tenu de respecter un code de conduite sous peine de se faire exclure. En effet, dehors, le public n’est pas venu pour voir de la danse, ce qui modifie en profondeur sa relation avec l’œuvre. Il n’est pas plongé dans l’anonymat d’une salle obscure et si la représentation ne lui plaît pas, il peut se lever et partir sans gêner personne. Ou presque… Car son geste peut toutefois contrarier l’artiste qui remet alors souvent aussitôt son travail en question. Dans ce contexte, la rencontre entre l’artiste et le public, et les conditions mêmes de cette rencontre, sont donc radicalement différentes.

Dominique Bouchard : Le concept de mon projet consistait à rencontrer le public à partir de l’identité du regard et de l’identité du danseur. Or le contexte du parc ajoutait un tel sens que le sens de mon propos s’effaçait, déviait. L’action même de danser dans un parc représente un acte absurde en soi : c’est décalé. Le simple fait de danser, surtout seul, devient confrontant. En groupe, ça fonctionne plus facilement car une distance se crée d’emblée.

Julie Châteauvert : Si certaines personnes étaient amusées par notre présence, d’autres en revanche étaient carrément mécontentes.

Lily Lapierre : Il y a ceux qui ne veulent pas déranger la danse et qui font attention à l’espace. Et il y en a d’autres qui estiment que c’est la danse qui dérange « leur » espace.

Amy Helmstetter : J’ai fait beaucoup de solos sur scène mais je ne me suis jamais sentie aussi seule que dehors. Au début, j’essayais d’expliquer mon projet aux gens. Malgré ça, ils se trouvaient confrontés face à mon solo car ils n’étaient pas venus pour. Alors j’ai fini par ne plus donner d’explication et j’ai dansé mon solo comme d’autres font leur tai-chi, c’est-à-dire pour moi-même et pour ceux qui veulent.

Marie Béland : Dans ma pièce, comme dans mon travail en général, j’ai des moments où on performe et des moments où on parle. D’habitude, en salle, quand les danseurs se mettent à parler, c’est à ce moment-là que la danse devient plus accessible. Or, dans le parc, dès que ça parle, les gens partent. L’effet était inversé car dès que les gens craignent qu’on les embarque dans notre numéro, ils fuient, de peur de devenir le centre d’intérêt.

Sébastien Talbot (un bénévole) : Dans leur réaction, les gens ont souvent reconstitué naturellement l’espace scène/public conventionnel. Ils ont reconstruit l’espace théâtral. Comme un théâtre en plein air.

Synthèse mise en forme par Katya Montaignac, 11/09/2006

The Art | Nourrir ou détruire le mythe de la danse contemporaine ? 2/4

Pendant l’événement The Art (prononcez dehors), la rencontre artiste/public s’est teintée de malentendus ou d’une certaine méfiance non seulement vis-à-vis de l’art contemporain – la danse contemporaine est à ce titre souvent considérée comme « spéciale » –, mais également liée au contexte extérieur qui invite généralement l’individu à se méfier de l’inconnu. Cette méfiance de la part du spectateur est peut-être également liée au lieu : en effet, le Carré St-Louis est particulièrement connu pour ses marginaux (itinérants, junkies…). Les promeneurs ont aussi l’habitude d’y croiser des musiciens ou amuseurs public faire divers numéros et demander l’aumône, surtout dans la rue Prince-Arthur. Enfin, ils ont l’habitude d’être sollicités – surtout à la rentrée de septembre – par des groupes d’étudiants. Beaucoup de spectateurs nous ont ainsi demandé s’il s’agissait d’étudiants en danse (le logo du Département de danse sur le programme ajoutait sans doute à la confusion).

Frédérick Gravel : En organisant un événement dehors pour un public non convié, est-ce qu’on entretient le mythe de la danse contemporaine ou en sortant on le détruit ?

Marie Béland : L’espace extérieur désacralise l’œuvre. Il y a tellement d’impondérables qu’on lâche prise en tant que chorégraphe : la présence d’une chaise roulante, d’un clochard, ou encore d’une fontaine ou d’un simple banc s’immisce dans l’espace de la représentation. La valeur de l’œuvre se modifie. Ça change complètement mon lien avec mon travail.

Stéphanie Bernard : Dans la rue Prince-Arthur, les gens ont l’habitude de voir des quêteux ou des musiciens qui passent le chapeau. De peur qu’on fasse nous aussi tourner le chapeau, ils partaient souvent tous juste avant la fin de la représentation.

Emmalie Ruest (bénévole) : si l’événement avait été plus repérable, il aurait permis aux spectateurs d’avoir un autre regard, moins méfiant. Ils ne savaient pas vraiment ce qu’il se passait.

Marie Béland : La question de savoir à quel point prévenir ou non les gens est importante.

Stéphanie Bernard : Les Montréalais sont habitués au format festival avec pancarte, horaire, organisation, etc. Cependant, là, nous n’étions pas aussi formatés, ce qui a permis de leur montrer que la danse, c’est bien quelque chose de « spécial » qui ne correspond pas aux formats traditionnels.

Raymond : un solo pour n interprètes de Katya Montaignac, Photo : Maurice Pressé

Raymond : un solo pour n interprètes de Katya Montaignac | Photo : Maurice Pressé | interprète : Antonia Mappin-Kasirer

Nathalie Dumont : En tant que non-danseuse pour le projet de Katya, je n’ai aucune expérience de scène. Cependant, j’ai trouvé que l’interaction avec les gens était très intense, surtout dans la rue. En revanche, dans le parc, il y avait deux types de « clientèle » : ceux qui sont venus pour l’événement et ceux qui se promènent (le public potentiel) ; mais il y avait également ceux qui n’en ont rien à faire. J’avais l’impression d’aller convertir des indigènes. J’étais très sceptique car je trouvais ce projet ambitieux et complètement fou. Mais j’ai été également agréablement surprise.

Julie Châteauvert : Moi, j’adore l’ambiguïté ! Me fondre dans le décor naturel sans que les gens ne sachent forcément ce qu’il se passe. À ce titre, la pancarte me gênait. Quand mes interprètes étaient réparties sur des bancs, personne ne pouvait se masser pour regarder. L’espace de jeu nous englobait et les gens en faisaient partie. Ils sont donc inclus dans la mise en scène.

Isabelle : La meilleure façon de démystifier l’image « fuckée » de la danse, c’est quand l’artiste va parler aux gens. Il devient alors tout d’un coup quelqu’un qui explique sa démarche. Ça crée une ouverture. C’est de l’éducation populaire. Et le public se rend compte que les danseurs sont des gens comme tout le monde.

Synthèse mise en forme par Katya Montaignac, 11/09/2006

The Art | Rendre la danse accessible (et donc séduisante ?) 3/4

On peut s’interroger sur les objectifs et enjeux de l’événement The Art (prononcez dehors): cherche-t-on à convertir le grand public à la danse contemporaine ? Cherche-t-on à « séduire » le badaud afin de lui donner le goût d’aller au théâtre ? Ce public ne va pas forcément au théâtre parce qu’il n’en aurait pas les moyens, mais tout simplement parce qu’il ne se sent pas concerné par un spectacle de danse. En revanche, il peut dépenser aisément 15$ pour aller au cinéma, dans un bar ou encore 25$ pour un concert ou un spectacle d’humour…

Frédérick Gravel : Ce n’est pas la même chose de faire un show dehors ou devant des gens qui sont venus au théâtre pour ça. Dans ce cas, ils sont « captifs ». Alors que dehors, ils ne sont pas venus au parc pour voir de la danse.

GravelWorks de Frédérick Gravel | interprètes : Francis Ducharme, Hugo Gravel, Stéphane Boucher et Frédérick Gravel | Photo : Katya Montaignac

GravelWorks de Frédérick Gravel | interprètes : Francis Ducharme, Hugo Gravel, Stéphane Boucher et Frédérick Gravel | Photo : Katya Montaignac

Marie Béland : Dehors, le public ne ment pas : quand c’est plate, il s’en va ! Pour mon projet, j’ai remarqué que c’était toujours au même moment ! On peut se demander jusqu’à quel point une entreprise de séduction comme la notre doit répondre à la formule du tout-inclus afin de satisfaire le confort du spectateur. Ma pièce a été conçue dehors. On avait envie de séduire, mais jusqu’à quel point ? On a envie que la danse soit moins hermétique, certes. Mais est-on capable d’aller tasser les affaires qui ne marchent pas ? À force de modifier la pièce en fonction des réactions du public, est-ce que je ne passe pas à côté des choses que je voulais faire ?

Frédérick Gravel : Est-ce qu’une bonne œuvre de danse n’est pas nécessairement séduisante ?

Marie Béland : Peut-on faire une bonne œuvre sans forcément séduire ?

Johanna Bienaise : On veut rendre la danse plus accessible mais pourtant quand c’est plate, le public peut partir. Comment le sensibiliser à des choses plates ?

Séverine Lombardo : Le fait de ne rien faire fait parfois partir les gens. Or, le projet de Julie comporte des moments d’immobilité. Je me suis posé beaucoup de questions à ce sujet. Pourquoi ai-je envie que les gens s’arrêtent ? Pourquoi est-ce que je veux absolument capter leur attention ? Ces interrogations se posent davantage au niveau de l’interprète que du chorégraphe. Julie, elle, adorait que les gens ne s’arrêtent pas !

Élodie Lombardo : On a l’habitude d’être tributaire du regard du public. En salle comme en théâtre de rue, le temps mort signifie que tu perds de l’argent.

Irène Galesso : Pour rendre accessible la danse, rien de tel que de retourner dans la rue, comme des troubadours. L’événement The Art (prononcez dehors) m’a fait penser aux HOPs réalisés l’an dernier lors du Congrès de recherche en danse organisé par le CORD (novembre 2005). Nous avions dansé dehors sous la neige. Sans provoquer, la danse attire. L’expérience est d’autant plus stimulante pour les spectateurs que pour les danseurs.

Stéphanie Bernard : Avec mon projet, j’ai opté pour l’idée d’un compromis en m’inspirant des gens qui sont dehors dans un parc. J’avais le goût de faire une pièce positive et agréable. Or, après avoir vu ma pièce, les gens ne me parlaient pas de l’œuvre mais de danse. Je n’ai rien fait de profond mais ça a ouvert une porte et on a parlé de « la » danse.

Synthèse mise en forme par Katya Montaignac, 11/09/2006