PLUTON | opus #5 : I just want to start a flame in your heart

Teaser01_photographie Claudia Chan Tak

Marc Boivin et Linda Rabin dans Pluton de La 2e Porte à Gauche | Photo : Claudia Chan Tak

Jeudi 22 octobre 2015 : 2e répétition…

« C’est difficile les débuts. C’est accepter le deuil de toutes les possibilités qui ne seront pas ». (Mélanie Demers)

Toute l’équipe a lu un texte de Jonathan Burrows et parle du « meaning ». Mélanie se sent prise avec son besoin de sens, elle aimerait s’en libérer. Travailler sur le désir de mouvement et en même temps résister à ce désir.

Essayer de réaliser une série d’actions sans jamais y parvenir :
Partir. Marcher. Sauter. Tomber. Saigner. Traverser une rivière. Prier. Regarder derrière. Toucher ses genoux.

Mélanie Demers en répétition avec Linda Rabin et Marc Boivin dans Pluton de La 2e Porte à Gauche | Photo : Claudia Chan Tak

Mélanie Demers en répétition avec Linda Rabin et Marc Boivin dans Pluton de La 2e Porte à Gauche | Photo : Claudia Chan Tak

Lundi 26 octobre 2015 :
Partir des sensations.
Retrouver l’état.
L’oppression du désir, du théâtral au système nerveux.

Mélanie recherche un langage commun à travers la verbalisation de l’expérience. Marc parle de noyade et de désir étouffé, alors que pour Linda, il s’agit de se concentrer sur l’inspire.

Mélanie parle du théâtre du réel.
Pour Linda, c’est du théâtre surréel.
Marc s’interroge : « Où est la théâtralité et où est la réalité ? »

Marc Boivin et Linda Rabin en répétition avec Mélanie Demers pour Pluton de La 2e Porte à Gauche | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Marc Boivin et Linda Rabin en répétition avec Mélanie Demers pour Pluton de La 2e Porte à Gauche | Photo : Claudia Chan Tak

Vendredi 18 décembre 2015 :
Talons hauts et faux-cils.
Mouvements d’oppression respiratoires.
Linda commence à chanter : « Let me… » mais le son ne sort pas. Elle renifle. Suffocations. Mugissements. Let me ! Let me… ! Arrgghhh… “Let me entertain you…”
Linda danse. Marc l’observe. Comme une ombre.

Morceaux épars. De l’ordre de l’accident, de l’animal, du nourrisson. Absence d’affect. Contact étrange, état de corps, relation troublante. Deux solitudes émergent du duo. Deux personnages décadents. Divas déchues.

Jeudi 3 mars 2016 :
Objet singulier, chargé, inconfortable. Je découvre Marc – que je croyais pourtant connaitre par cœur, à force de l’avoir vu interpréter tant de projets disparates ! Et je suis déroutée, ébranlée, fascinée de le découvrir, encore, sous un nouveau jour. Découvrir Linda qui surgit, éructe, joue le jeu et se dévoile, tout en se métamorphosant. Duo à la fois complètement improbable et sublime.

Marc Boivin et Linda Rabin en répétition avec Mélanie Demers pour Pluton de La 2e Porte à Gauche | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Marc Boivin et Linda Rabin en répétition avec Mélanie Demers pour Pluton de La 2e Porte à Gauche | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Jeudi 12 mai 2016 : J-15…
Aujourd’hui, Mélanie aspire à la nuance, à insérer de la douceur dans les tableaux. Avec Chi Long en tant que complice artistique, les danseurs travaillent sur des subtilités qui renversent parfois tout un tableau. De la souffrance surgissent alors des moments d’extase. Les cris de douleurs se transforment en soupirs orgasmiques.

Marc Boivin, généreux, fougueux, impétueux, est tout simplement déboussolant,
Linda Rabin captivante et méconnaissable.

(Notes du processus de création,
recueillies par Katya M.)

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Retrouvez les vidéos, photos et croquis de Claudia Chan Tak exposés dans Hydra, l’exposition présentée le cadre du FTA 2016 à la Place des Arts du 25 mai au 19 juin 2016 en partenariat avec la Fondation Jean-Pierre Perreault et l’école de danse contemporaine de Montréal

PLUTON | opus #4 : Linda et Jean-Sébastien

3 juin 2013 | Jean-Sébastien Lourdais est balance. Comme Linda Rabin. Il a découvert le continuum avec elle et cette approche marque singulièrement son univers chorégraphique, affinant ainsi sa conscience du mouvement et sa présence scénique.

20 juin 2013 | Voir Linda danser, c’est comme assister à un rituel. Elle commence avec sa respiration : elle souffle, grogne et gargouille les yeux fermés. Elle marche au ralenti et remplit l’espace. Le son résonne dans son corps. Elle se transforme et éructe. Elle devient sorcière, animale, végétale, volatile… On dirait qu’elle a toujours dansé pour Jean-Sébastien.

Linda Rabin | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Linda Rabin | Crédit photo : Claudia Chan Tak

22 avril 2015 | Tomas Furey enregistre le souffle de Linda, ainsi que le bruit de la chaise qu’elle traîne sur le sol. Amplifié et trituré live, le son devient alors un véritable partenaire de l’expérience.

28 avril 2015 | Mise en commun : Avant de commencer son solo, Linda nous invite à respirer, à regarder autour de nous, à prendre l’espace. Trouvez votre place. Pénétrer l’espace. Fermez les yeux et respirez. Ayez conscience de votre corps. Détendez-vous. Respirez dans toutes les parties de votre corps. Ça nous ouvre la perception, ça nous met en condition pour plonger avec elle au cœur de la sensation.

Linda Rabin en répétition pour Pluton au labo de l'Agora de la danse | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Linda Rabin en répétition pour Pluton au labo de l’Agora de la danse | Crédit photo : Claudia Chan Tak

14 septembre 2015 | Le travail de Jean-Sébastien est extrêmement exigeant. Il s’ancre à travers ce qu’on appelle les « états de corps ». Jusqu’au spectacle, le solo change à chaque répétition ! Même si l’esprit demeure, Jean-Sébastien pousse toujours plus loin son travail d’épuration. Il retire d’abord la musique, puis la voix, puis le micro, le souffle, la chaise, les expressions du visage…
Que reste-t-il ?
Linda.

(notes sur le processus de création, transcrites par Katya M.)

Linda Rabin à 5 ans

Linda Rabin à 5 ans

In my 45th year of life and after 40 years of being in the dance world, I woke up one morning to an inner voice that announced quite simply, “Linda, if you want to evolve as a human being, you have to give up dance.” I was shocked by these unexpected words. Dance was my life. Yet I immediately understood that I had no choice but to quit if I was to survive.

Seven years later, and after an exploratory journey that took me through many new routes of possibility, I came upon a short film on Continuum Movement. I was mesmerized by what I saw – fluid undulations of the naked torso at once profound, universal, human, yet transcending the flesh. I felt the art of movement at its most intrinsic level. I was witnessing movement coming from the source of life. This encounter with Continuum was a turning point. It brought me back to my love for the art of movement.

Emilie Conrad, the founder of Continuum, would often say, “Movement is what we are, not just something we do.” For me, this intrinsic movement experience is both art and healing, it is a way of life knowledge and spiritual practice.

Linda Rabin, 29 août 2015.

Photo prise à LADMMI, circa 1985 : Linda Rabin enseigne. On voit Daniel Soulières dans le groupe (photographe inconnu)

Photo prise à LADMMI, circa 1985 : Linda Rabin enseigne. On voit Daniel Soulières dans le groupe (photographe inconnu)