Lac à l’épaule : souvenirs… | 2011

En novembre 2011, l’équipe de La 2e Porte à Gauche entreprenait son premier Lac à l’Épaule… Extraits du PV…

EXPÉRIENCE : Frédérick Gravel, fondateur de La 2e Porte à Gauche | Photo : Benoît Dhennin (2011)

EXPÉRIENCE : Frédérick Gravel, fondateur de La 2e Porte à Gauche | Photo : Benoît Dhennin (2011)

1. Philosophie de l’organisme

Nous sommes davantage intéressés par la recherche et l’exploration, par l’expérience, que par la production de spectacles dans des formes classiques, ou comme aboutissements ultimes.

Nous sommes un labo de recherche, nous y invitons des artistes à partager nos champs de recherche.

2. Mandat

– Faire des collaborations de création.
– Offrir un terreau propice à l’épanouissement artistique des membres.
– Travailler sur le développement artistique.
– Chercher beaucoup et partager cette recherche à travers des spectacles, des articles, des ateliers.

Marie Béland, cofondatrice de La 2e Porte à Gauche

INCUBATEUR : Marie Béland, cofondatrice de La 2e Porte à Gauche | Photo : Benoît Dhennin (2011)

3. Image et notoriété : La 2e Porte à Gauche est perçue comme…

Incubateur, générateur, cellule, plateforme, inducteur, stimulateur, vibromasseur du milieu, incitateur, agitateur,  regroupement d’idéateurs et de concepteurs, fédérateur.

METTRE en action la pensée et la réflexion. Faire avancer la réflexion. Propulsion.

Espace de dialogue et de réflexion entre le public et les artistes.

Quand on invite les gens dans nos projets, on les invite à rentrer, en quelque sorte, dans notre « école ».

4. Vues de l’intérieur et aspirations…

CARREFOUR : Katya Montaignac | Photo : Benoît Dhennin

CARREFOUR : Katya Montaignac | Photo : Benoît Dhennin (2011)

Katya Montaignac : La 2e Porte est un carrefour. Aller chercher les nouveaux membres, les avoir accueillis. Avoir de nouvelles visions.

Catherine Gaudet : Réfléchir en gang autour de projets complexes et compromettants. J’ai envie que La 2e Porte soit audacieuse.

Fred Gravel : Ce qui me branche dans La 2e Porte, ce sont les projets impossibles et les projets de collaboration. Quand on signe un truc en gang, on signe un Manifeste. On ne développe pas un organisme, on développe avant tout des artistes.

Marie Béland : Les choix professionnels que nous faisons individuellement touchent le groupe. Quelle est la frontière? La 2e Porte prend de plus en plus de place. Équilibre à trouver entre nos désirs et nos possibilités. Comment concilier et positionner nos différentes implications (projets personnels vs collectifs).

Rachel Billet | Crédit Photo : Benoît Dhennin

PERMÉABILITÉ : Rachel Billet | Photo : Benoît Dhennin (2011)

Rachel  Billet: Quand je suis entrée dans La 2e Porte, c’était au moment d’une grande décision dans ma vie : celle d’immigrer au Québec. J’étais dans une dynamique de recherche et m’intéressais aux nouveaux modèles de fonctionnement. J’aimais le lien entre l’artistique et l’administratif. La « perméabilité »…

Lire aussi : Pourquoi La 2e Porte à Gauche ? (conversation entre membres | 2008)

Nouvelles réalités de la diffusion 3/3 : le créateur…

En préparation à un atelier de RIDEAU sur les nouvelles réalités de la diffusion artistique aujourd’hui, Frédérick Gravel et Katya Montaignac ont répondu aux questions de Caroline Lavoie à partir de l’expérience de La 2e Porte à Gauche.

LES MULTIPLICITÉS DE LA DIFFUSION : NOUVELLES RÉALITÉS…

Chapitre 3 : Le rôle de l’artiste, du médiateur au commissaire

Projet Vitrines (2005) | La 2e Porte à Gauche en collaboration avec le magasin Simons de Montréal | Cédrit photo : Caroline Bergeron | Sur la photo : Karine Cloutier

Projet Vitrines (2005) | La 2e Porte à Gauche en collaboration avec le magasin Simons de Montréal | Crédit photo : Caroline Bergeron | Sur la photo : Karine Cloutier

Caroline Lavoie : Vous travaillez avec des diffuseurs qui vendent, entre autres, des billets, même si vos spectacles sont présentés hors de leur salle. Que vous disent les diffuseurs du public que vous attirez ?

Katya Montaignac : Parmi les gens qui viennent nous voir, il y a un public conquis qui nous suit. Mais, ce n’est pas nécessairement un public de danse contemporaine, il y a aussi du grand public, notamment un public qui était réfractaire à la danse contemporaine et qui, là, découvre « autre chose ». Certains spectateurs nous suivent depuis qu’ils nous ont rencontrés par hasard dans les vitrines de la Maison Simons, rue Ste-Catherine ou dans THE ART (prononcez dehors) au Carré St-Louis. On a un public qui nous suit d’événement en événement. On attire un public très varié, de tous âges. Je ne peux pas dire qu’il ne s’agit que de jeunes trentenaires, car il y a aussi des gens de 40-50-60 ans. On se retrouve avec toutes sortes de monde… De tous âges… Du grand public.

Frédérick Gravel : Il y a aussi des gens qui fréquentent davantage la danse et qui font partie du public de la danse. Ceux-là vont voir les enjeux, la recherche formelle… Ça peut donc rejoindre les deux publics.

C.L. : Peux-tu nous parler des spectacles que vous avez donnés en dehors des grands centres?

Katya Montaignac : Jusqu’à présent, tout a été présenté à Montréal, sauf Le pARTy, qu’on a fait à Québec avec le Cercle en 2014 et le Bal Moderne qui a été présenté en région (Gaspé, Rimouski, Sherbrooke, Ottawa, Québec…) dans différents événements et  festivals, notamment au Festival country de St-Tite !

Bal Moderne au Festival Western Ste-Tite (2011) | Chorégraphes : Andrew Turner, Marie Béland, Cie Sylvain Émard, Katie Ward, Les Soeurs Schmutt, Geneviève Gagné et Emily Honneger | Animé par Guillaume Girard et DJ Nans

Bien qu’on ait présenté 4quART à Paris, nos productions sont trop lourdes pour la tournée : ça demanderait de déplacer beaucoup de monde. Par exemple : Danse à 10 compte 11 danseurs (dont la machine de Chaleur Humaine), THE ART (prononcez dehors) réunit 12 chorégraphes et une trentaine de danseurs et Le pARTy a déjà rassemblé 75 danseurs juste pour une soirée ! On a organisé le pARTy à Québec avec le Cercle en décembre 2014 en collaboration avec des artistes locaux. Nous ne sommes pas une compagnie qui se destine à la tournée. Nous sommes avant tout un laboratoire. Cependant, il arrive souvent que certains chorégraphes, après avoir créé leur œuvre à La 2e Porte, décident de tourner leur pièce. Nous jouons un rôle local d’émulateur.

Pour Rendez-vous à l’hôtel, les Hôtels Germain, nous offrent de reprendre le spectacle dans les hôtels qu’ils ont à travers le pays, mais là, les diffuseurs reculent… Bien qu’ils économisent le coût de salle, il faut, en contre partie, arrimer notre calendrier à l’achalandage de l’hôtel…

C.L. : Pour vous la médiation artistique est importante ?

Katya Montaignac : On organise des rencontres quasiment après tous nos spectacles. Par exemple, en appartement, l’événement était systématiquement suivi d’une discussion. Avec THE ART (prononcez dehors) à l’Esplanade de la Place des arts, l’événement était systématiquement ponctué par une table ronde, chaque jour à 18h ouverte au public. Avec Rendez-vous à l’hôtel, les gens sont divisés en 4 groupes et il y avait un guide et posait des questions aux spectateurs et il y avait une chambre où les spectateurs étaient invités à écrire leurs commentaires… La discussion avec le public fait partie de chaque projet. Notre moteur, c’est la relation avec le public. (cf. Le fantasme de la participation du public in JEU #147, 2013)

C.L. : Voyez-vous votre rôle comme celui d’un commissaire en danse ?

Katya Montaignac : On joue inévitablement un rôle de commissaire, puisqu’on choisit plusieurs chorégraphes au sein d’un projet artistique. Pour le diffuseur c’est une belle façon de découvrir le travail de nouveaux chorégraphes qu’ils pourraient par la suite décider de programmer. Quant au public, c’est une soirée où il découvre différentes couleurs et styles chorégraphiques. Le public, comme le diffuseur, découvre une variété de chorégraphes émergents et de langages chorégraphiques.

Le pARTy (2013) : 20 chorégraphes dans une discothèque | Une production de La 2e Porte à Gauche présentée en partenariat avec La Tribu, le OFFTA et le FTA | Crédit photo : Mathieu Doyon | Sur la photo : une chorégraphie de Raphaëlle Perreault

C.L. : Comment rêver l’avenir de la diffusion ?

Katya Montaignac : Un lieu de diffusion est avant tout un espace de création. Le diffuseur gagnerait à faire de l’artiste un partenaire de développement en pensant au-delà du « spectacle », à travers des ateliers par exemple. S’associer à un artiste sur 2 ou 3 ans, ou ne serait-ce qu’avoir un artiste « à l’honneur » chaque année, permettrait de l’impliquer à différents niveaux : en animant des rencontres avec le public, en offrant une carte blanche, à travers des projets de médiation dans la communauté, voire même jouer un rôle de commissaire auprès du diffuseur. Plutôt que de considérer le lieu de diffusion comme un paquet de troubles, le voir avant tout comme un vecteur de création permet de déplacer ses contraintes en véritables paramètres de jeu.

Lire aussi : Chapitre 1 : Le diffuseur comme complice artistique
et Chapitre 2 : Impliquer le public

Nouvelles réalités de la diffusion 2/3 : le spectateur…

En préparation à un atelier de RIDEAU sur les nouvelles réalités de la diffusion artistique, Frédérick Gravel et Katya Montaignac ont répondu aux questions de Caroline Lavoie à partir de l’expérience de La 2e Porte à Gauche.

LES MULTIPLICITÉS DE LA DIFFUSION : NOUVELLES RÉALITÉS…

Chapitre 2 : Impliquer le public

Caroline Lavoie : Pour votre projet Danse à dix, vous avez choisi de présenter les chorégraphies dans un bar de danseuses nues. Pourquoi ce choix ? Quelle était l’exploration que vous vouliez faire ?

Frédérick Gravel : Il y a de la nudité dans la danse contemporaine et les réactions sont diverses face à ce phénomène. Mais dans l’idée d’un corps nu qui danse, il y a aussi l’idée de la marchandisation du corps… Consommer de l’art et consommer le danseur… L’artiste se posait la question : « Est-ce que notre but est de séduire le public ? » 

Katya Montaignac : On posait la question aussi bien aux chorégraphes qu’au public – et on pourrait poser la question aux diffuseurs : à quel projet de corps aspirez-vous ?

Dans Danse à 10, le public pouvait « s’acheter » un danseur pour $10. Il allait alors dans un isoloir pour assister à un solo rien que pour lui.

Ce que les spectateurs voyaient d’abord, c’était un éventail de langages chorégraphiques et de couleurs artistiques puisqu’ils voyaient différentes chorégraphies créées par divers créateurs. Après, le spectateur faisait ses choix…

On a aussi réfléchi aux différences qu’il peut y avoir entre le fait de regarder un spectacle de façon anonyme parmi la foule ou de le voir seul à seul, où là, on n’est plus anonyme.

C.L. : Comment réagit le public à vos propositions et à vos événements?

Katya Montaignac : Le public est particulièrement enchanté de vivre des expériences  inédites dans divers lieux hors des salles conventionnelles. Au-delà d’assister à un spectacle de « danse contemporaine », il s’agit pour le public de participer à un véritable « événement ».

7 1/2 à part. (2008) | Crédit Photo : Élaine Phaneuf

Le public mis à table dans 7 1/2 à part. (2008) | Spectacle de danse en appartement produit par La 2e Porte à Gauche et présenté dans le cadre de l’événement Pas de danse, pas de vie! organisé par le Regroupement québécois de la danse. | Six chorégraphes avaient partagé cette « colocation » artistique : Emmanuel Jouthe, Les soeurs Schmutt, Erin Flynn, Julie Châteauvert, Marie Béland et Léna Massiani, avec les interprètes Dany Desjardins, Anne Thériault, Zoey Gauld, Magali Stoll, Monique Romeiko, Johanna Bienaise, Erin Flynn, Dominique Bolduc, Eve Lalonde, Katya Montaignac, Irène Galesso, Geneviève Smith-Courtois, Indiana Escach et Frédéric Gagnon. Sur cette photo, on reconnait Julie Deschênes, Caroline Gravel, Martin Faucher et Lucie Bazzo parmi les spectateurs de la soirée | Crédit photo : Élaine Phaneuf

C.L. : Est-ce que, d’après vous, les spectacles de La 2e Porte à Gauche contribuent à développer un public pour la danse contemporaine ?

Frédérick Gravel : Nos présentations « hors les murs » ont contribué à nous faire connaître au début, car on était moins connus. Notre désir était de présenter nos œuvres au public et donc de faire en sorte que le public voit de la danse contemporaine. Si le public vit une expérience intéressante, il peut développer son goût pour la danse contemporaine.

Nos événements lui permettent de recevoir autrement une œuvre. Ils sont plus près, ils sont inclus dans la proposition, c’est souvent plus immersif. Pour eux, c’est souvent une révélation. Il y a des gens qui ne fréquentent pas la danse contemporaine et tout d’un coup, ils la voient dans un contexte inhabituel et la voient autrement et moins lointaine.

C.L. : Crois-tu que votre public vous suivrait si vous présentiez des événements dans des salles « conventionnelles » ?

Katya Montaignac : Il nous est arrivé de créer des spectacles en salle. À commencer par le Blind Date créé en 2007 à la Cinquième Salle pour la Nuit Blanche : le spectacle a fait salle comble toute la nuit. Nous avons construit le spectacle sous forme de petits tableaux dans l’idée que les spectateurs entreraient et sortiraient librement pour regarder 10 min puis partir voir autre chose dans la Nuit Blanche. Finalement, les spectateurs sont resté en moyenne 1 heure, car ils voulaient voir l’ensemble des tableaux, suscitant une file d’attente vertigineuse dans les couloirs de la Place des arts !

Nous rêvons de reprendre ce spectacle qui se passait à la fois sur scène et hors scène. On rassemblait à la fois le public à l’intérieur de la salle et complice du spectacle, et un public « passant » qui nous rencontrait hors de la salle : cette stratégie artistique suscitait la curiosité des passants qui voulaient tous entrer dans la salle voir ce qui s’y déroulait.

4quART (2011) | Une coproduction de La 2e Porte à Gauche et de Danse-Cité réunissant les chorégraphes : Marie Béland, Frédérick Gravel, Alain Francoeur et Catherine Tardif | Crédit photo : Frédéric Chais

Repenser les codes de la représentation : 4quART (2011) | Une coproduction de La 2e Porte à Gauche et de Danse-Cité présentée au Monument National et réunissant les chorégraphes : Marie Béland, Frédérick Gravel, Alain Francoeur et Catherine Tardif | Sur la photo : Sophie Corriveau et Manuel Roque | Crédit photo : Frédéric Chais

Nous développons différentes stratégies pour rendre le public complice (et consentant !) de nos expériences. Il agit à titre de collaborateur artistique. Dans tous nos spectacles, le public participe à l’œuvre autant que les danseurs.

Lire aussi : Chapitre 1 : Le diffuseur comme complice artistique…
À suivre : Chapitre 3 : Le rôle de l’artiste, entre médiateur et commissaire…

Nouvelles réalités de la diffusion 1/3 : le diffuseur…

En préparation à un atelier de RIDEAU sur les nouvelles réalités de la diffusion artistique, Frédérick Gravel et Katya Montaignac ont répondu aux questions de Caroline Lavoie à partir de l’expérience de La 2e Porte à Gauche.

LES MULTIPLICITÉS DE LA DIFFUSION : NOUVELLES RÉALITÉS…

Chapitre 1 : Diffuser autrement…

Caroline Lavoie : À La 2e Porte à Gauche, vous avez beaucoup diffusé vos spectacles hors les lieux de diffusion « conventionnels ». Pourquoi ?

Frédérick Gravel : En fait, ce n’est pas venu d’un désir de ne pas jouer dans les lieux de diffusion officiels, c’est dû au fait que nous, à La 2e Porte à Gauche, on questionne l’espace de représentation. On savait, dès le départ, qu’on voulait créer des œuvres qui nous permettraient d’explorer des façons de faire, différentes de ce qu’on ferait normalement.

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Les chorégraphes Frédérick Gravel et Emmanuel Jouthe dans le bain du 9 1/2 à partager de La 2e Porte à Gauche diffusé par Tangente en 2009 | Photo : Elaine Phaneuf

On ne s’est pas dit : « On ne veut pas jouer dans les lieux de diffusions officiels », c’est plutôt parti de notre questionnement sur « Comment rencontrer le public au-delà de la salle de spectacle ? » On avait envie d’ouvrir de nouveaux espaces de représentation et de diffusion.

Ces modes de diffusion «hors les murs des salles conventionnelles» nous forcent à sortir de nos modes de création habituels. Ils nous poussent à repenser la relation au spectateur dans la création chorégraphique.

C.L. : Est-ce qu’on peut donc dire que votre « façon » de présenter vos spectacles au public, est en lien avec votre mandat artistique ?

Frédérick Gravel : En fait, on peut dire que le fait de présenter hors les murs fait partie des « conséquences » de notre mandat, c’est-à-dire que c’est à cause des explorations qu’on voulait faire qu’on a, entre autres, dansé sur des coins de rue ou ailleurs. Nous avons envie de « jouer » avec les codes de la représentation, de présenter nos œuvres dans différents lieux, d’amener la danse ailleurs. En fait, on a le désir d’amener la danse vers les gens, de l’amener dans les vitrines, ou dehors sur les coins de rue, dans les parcs…

Pour nous, oui, il y a l’idée de présenter la pièce dans des lieux inusités, mais il y a surtout l’idée d’explorer, d’expérimenter les diverses façons de jouer, de danser dans un contexte autre que la salle de spectacle. Car les chorégraphes et les interprètes doivent « penser » la création en fonction du lieu et de la manière dont pourrait être vue l’œuvre par le public. On explore ainsi également de quelle façon les spectateurs observent et reçoivent l’œuvre chorégraphique lorsqu’elle est présentée en dehors du cadre officiel de la représentation.

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L’équipe de La 2e Porte à Gauche en 2008 sur l’esplanade de la Place des Arts pour l’événement The Art (prononcez dehors) : Frédérick Gravel, Amélie Bédard-Gagnon, Katya Montaignac, Marie Béland et Johanna Bienaise | Photo : Anne Massot

C.L. : Au début, lorsque vous avez présenté vos événements hors les lieux de diffusions spécialisés en danse, avez-vous senti des tensions avec les diffuseurs ?

Katya Montaignac : Au contraire, ils ont assisté à nos événements et sont venus nous chercher pour qu’on travaille ensemble. Après avoir créé The Art (prononcez dehors) en 2006 au Carré St-Louis, on a reçu l’année suivante une commande de Paul-André Fortier qui était en résidence à la Cinquième salle de la PDA puis une collaboration avec la Place des Arts, en 2008, pour reprendre l’événement sur l’esplanade. Même chose pour le Bal Moderne : on a d’abord loué une salle et on s’est auto-produit une première fois. Les diffuseurs nous ont ensuite passé des commandes.

C.L. : Vous collaborez donc avec les diffuseurs ?

Frédérick Gravel : C’est clair qu’au début, nous avions le désir de présenter nos œuvres devant le public et de ne pas attendre que les diffuseurs nous choisissent et nous programment dans leurs lieux. Alors, on créait des occasions de rencontrer le public. Maintenant, on est davantage en lien avec des diffuseurs, on diffuse nos spectacles en collaboration avec eux. On est dans leur brochure et ils vendent les billets.

Katya Montaignac : Bien que nos jauges soient plus petites pour nos projets in situ qu’une salle de théâtre traditionnelle, on la remplit et on joue parfois plus de fois. De plus, le diffuseur économise sur les frais de salle. Enfin, le public qui assiste à nos événements représente de nouveaux publics potentiels pour le diffuseur.

Frédérick Gravel : Nous ne nous sommes jamais vu comme un diffuseur, on est plutôt des idéateurs de projets… On vend la majorité de nos événements à cachet. On ne veut pas être « diffuseur ».

Katya Montaignac : On travaille en complicité étroite avec les diffuseurs spécialisés en danse ou non. En tant que diffuseur, l’Agora nous a non seulement épaulé pour « dealer » avec un bar de danseuses nues et a signé directement une entente avec. L’Agora a également agi comme entremetteur pour notre création avec l’Hôtel Le Germain de Montréal. Pour nous, le diffuseur devient un véritable complice artistique.

À suivre : Chapitre 2 : Impliquer le public

Rendez-vous à l’hôtel | Épisode #11 : Petite Mort…

Le groupe Dear Criminals a réalisé un magnifique court métrage sous forme de 2 vidéoclips conçus à partir de la pièce créée en chambre d’hôtel par Catherine Gaudet et Jérémie Niel avec Francis Ducharme et Clara Furey.

On ne sait plus si c’est la danse qui est sublimée par la musique ou le contraire. À moins que ce ne soient tout simplement nos deux sublimes interprètes qui magnifient l’une et l’autre !

De Catherine Gaudet et Jérémie Niel avec Francis Ducharme et Clara Furey
Musique : « Crave » et « Petite Mort » de Dear Criminals
Réalisation : Pierre-Alexandre Girard

Clara Furey et Francis Ducharme mis en scène par Catherine Gaudet et Jérémie Niel | Rendez-vous à l’hôtel de La 2e Porte à Gauche à l’Hôtel Le Germain de Montréal | Programmation Hors les murs de l’Agora de la danse | Crédit photo : Dear Criminals

Tournage du vidéoclip de Dear Criminals avec Clara Furey et Francis Ducharme mis en scène par Catherine Gaudet et Jérémie Niel | Rendez-vous à l’hôtel de La 2e Porte à Gauche à l’Hôtel Le Germain de Montréal | coproduit par l’Agora de la danse | Crédit photo : Dear Criminals

Pour voir le projet archivé par Claudia Chan Tak : clchantak.wix.com/2050mansfield

Rendez-vous à l’hôtel | Épisode #10 : S’éprouver l’un l’autre…

De chambre en chambre…

Tantôt voyeur, tantôt enquêteur, témoin ou acteur plus ou moins malgré nous, l’expérience est toujours à réévaluer. Les formes proposées sont autant de mises en abîme du couple, mais aussi du couple danse-théâtre. Autant de manières de faire, de voir et de faire voir. De créer et de vivre ensemble. (Marie Mougeolle, notes sur le processus, janvier 2014)

Et c’est là toute la richesse de l’expérience, car c’est de la friction entre les altérités des disciplines (et, avec elles, tout ce qu’elles déterminent comme savoirs, manières de faire, regards sur le processus de création) que naît l’espace de l’interdisciplinarité: fécond, créateur de formes, de sensations, de fictions. (citation, JEU, #152, p. 64)

Épisode #10 : La chambre comme scène…

Cette chambre là est une scène. Scène de vie, scène de crime, de passion, de heurts en tous genres. Où il se passe des trucs, comme dans la vie. Le lieu délivre ses indices, les personnages aussi. On part d’architectures (de corps ou de dramaturgie), et on re-act. On recrée, en rewind, ce qui a pu nous mener là. Ni danse ni théâtre donc, mais bien des jeux et des situations à créer et à imaginer. Donc à la fois danse et théâtre. On se nourrit du rien ou du pas grand chose, on avance à tâtons, qu’on soit créateur, acteur ou spectateur. Cette chambre là est la plus risquée, ou celle qui nous risque le plus. Ça dépend du point de vue. À la fois trash et léché, à la fois fin et grossier. Dans les zones grises finalement.

Marie Mougeolle, notes sur le processus,
sur la chambre partagée par Emmanuel Schwartz et Peter James.
Chorégraphe et metteure en scène : Frédérick Gravel & Catherine Vidal
Collaborateur : Francis Rossignol
Direction artistique : Katya Montaignac
Direction de production : Vanessa Bousquet
Réalisation vidéo : Peter McCabe / THE GAZETTE

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Peter James mis en scène par Frédérick Gravel et Catherine Vidal | Rendez-vous à l’hôtel de La 2e Porte à Gauche à l’Hôtel Le Germain de Montréal | Programmation Hors les murs de l’Agora de la danse | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Un article de Marie Mougeolle, auteure invitée durant le processus de collaboration du spectacle 2050 Mansfield : rendez-vous à l’hôtel, est paru dans la revue JEU : Quand danse et théâtre s’éprouvent…

Retrouvez les débuts du couple Gravel/Vidal dans l’épisode #4

Lire aussi le texte de Jessie Mill : Quand le théâtre rêve de danse…

Pour voir le projet de documentation complet réalisé par Claudia Chan Tak : clchantak.wix.com/2050mansfield

Le fantasme de la collaboration par KATYA MONTAIGNAC | 2/4

Les enjeux de la collaboration aujourd’hui (par Katya Montaignac)

Est-ce que les créateurs en danse collaborent plus qu’avant ? Ou autrement ?

1. La collaboration comme nouveau paradigme social

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The Art (prononcez dehors) (2006) | Julie Châteauvert, Katya Montaignac, Andrew Tay, Dominique Bouchard, Johanna Bienaise, Stéphanie Bernard | Crédit photo : La 2e Porte à Gauche

La collaboration fait écho à une nouvelle réalité sociale du fait que nous baignons désormais quotidiennement dans ce nouveau paradigme de l’échange et du partage : colocation, coopérative, copropriété, auto-partage, regroupements, collectifs ou consortiums… Nos vies sont de plus en plus régulées et organisées autour de cette notion de partage des ressources et de mises en commun. Sans parler des réseaux sociaux, des blogs, twitter et autres plateformes d’échanges virtuels… Cette nouvelle réalité devient si généralisée qu’elle induit des changements de politiques culturelles. En art, le système actuel étant conçu avant tout sur un modèle de production basé sur la figure de l’auteur, il s’adapte petit à petit et de plus en plus à ceux qui choisissent de travailler à plusieurs ou encore sur une base transdisciplinaire.
La collaboration devient un nouveau modèle organisationnel.

1.1. La collaboration comme nouveau mythe…

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7 1/2 à part. (2008) | Amélie Bédard-Gagnon, Marie Béland, Frédérick Gravel et Katya Montaignac | Crédit photo : Élaine Phaneuf

Les possibilités d’échange sont désormais facilitées et les configurations beaucoup plus souples : elles peuvent ainsi changer très rapidement. Paradoxalement à cette nouvelle réalité, le « partage » et la « collaboration » peuvent être un leurre et donner lieu à une absence d’échange réel : parce qu’à distance ou parce que virtuelle. Après le mythe de l’artiste démiurge, faisons-nous face au mythe de la collaboration et du partage ? Myriam Van Imschoot parle de la création des réseaux qui forme « une nouvelle communauté sociale et internationale qui s’enroule sur elle-même comme un serpent se mordant la queue » (Van Imschoot, 2003). Pour elle, la collaboration peut ainsi masquer « un appétit excessif de contacts toujours plus nombreux et diversifiés, si difficile à satisfaire qu’il ne fait qu’alimenter une fuite en avant ».

Pris dans de nouvelles formes de communications basées sur le contact virtuel et les échanges à distances, les artistes s’inventent désormais de « nouveaux tribalismes »* à travers les résidences, spectacles marathons, workshops publics et autres événements invitant de nombreux intervenants, durant lesquels des groupes d’artistes sont invités à travailler ensemble, à manger et à cohabiter dans un même espace. Ces espaces de travail sont un moyen de « redécouvrir l’affect social »* et de recréer un contact « intime »* (entre artistes mais aussi avec le public). Ce fut le cas des expériences de La 2e Porte à Gauche en appartement qui ont donné lieu à une colocation artistique.

1.2. L’idéal de la collaboration

L’artiste aspire à la collaboration comme à un idéal : dans l’absolu, la collaboration permet de se renouveler, se ressourcer, échanger sur son travail, recueillir des feedbacks de la part de l’autre, aller ailleurs grâce à la présence de l’autre, sortir de ses patterns, etc. Mais elle se fait parfois au prix – et ce n’est pas négatif – de certaines remises en question. La collaboration place en effet inévitablement l’artiste en situation de crise car il doit communiquer et négocier avec quelqu’un d’autre : il doit verbaliser à l’autre des intentions qui ne sont évidentes que pour lui-même. La collaboration relève donc de l’utopie : on l’imagine toujours harmonieuse et rassurante, alors qu’elle présente un espace de négociation composé de confrontations, de conflits d’intérêt, de rapports de pouvoir et d’équilibres fluctuants. Le « fantasme » de la collaboration surgit avant tout d’un désir chez l’artiste, mais ce désir ne débouche pas forcément sur une partie de plaisir ! Ce « fantasme » agit comme un stimulant, mais sa concrétisation implique nécessairement un travail de deuil, d’ajustements, de réévaluation et de remises en question essentiels dans le développement d’une démarche artistique. Ces étapes sont nécessaires au processus de création et c’est tout l’enjeu (et l’intérêt) de la collaboration

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La collaboration comme paramètre de création : 9 1/2 à part. (2009) : douze créateurs en colocation artistique | Frédérick Gravel, Amélie Bédard-Gagnon, Andrew Turner, Martin Lemieux (L E M M), Séverine et Élodie Lombardo, Nicolas Cantin, Emmanuel Jouthe, Marie Béland, Anne Thériault, Katya Montaignac et Maya Ostrofsky | Crédit photo : Élaine Phaneuf

2. La collaboration comme paramètre de création

Dans ses projets de collaboration, La 2e Porte à Gauche propose aux chorégraphes invités des paramètres de création. Par exemple, pour le projet Blind Date :
– trouver un moyen d’impliquer le public dans une proposition chorégraphique ;
– établir une relation entre le dedans (la scène) et le dehors (le hors scène).

Chaque artiste était donc responsable de la conception d’un tableau. Le tout étant supervisé par un maître de jeu qui établissait le canevas de la soirée à partir des différentes propositions et animait les différents niveaux de participation du public.

2.1. La collaboration avec le spectateur

7 1/2 à part. (2008) | Crédit Photo : Élaine Phaneuf

7 1/2 à part. (2008) | Crédit photo : Élaine Phaneuf

Questionner le rapport au public en danse contemporaine, c’est le mandat de La 2e Porte à Gauche. Ce paramètre a initié nos premiers projets, notamment in situ (Bal Moderne depuis 2004, Projet Vitrines en 2005, The Art (prononcez dehors) en 2006 et 2008, Blind date en 2007, 7 1/2 à part. en 2008 et 9 1/2 à part. en 2009). Il s’agit avant tout de repenser la relation au spectateur de danse. Pourquoi ne pas le faire participer à la démarche artistique ? Comment « sensibiliser » le public aux réflexions du chorégraphe ? La 2e Porte à Gauche est partie de ce postulat de base (et pari) : aller au devant du public afin de lui présenter différentes démarches artistiques. La collaboration avec le spectateur est ainsi devenu notre moteur de création et de réflexion.

2.2. La collaboration comme processus

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Une dynamique d’échanges : L E M M, Manuel Roque, Lucie Vigneault, Marie Béland et Frédérick Gravel | Réunion artistique pour 4quART (2011) | Crédit photo : Katya Montaignac (archive inédite)

La 2e Porte à Gauche produit des événements qui interrogent la danse et ses formats de création. Ce qui nous intéresse avant tout, ce sont les processus mis en place. Les contraintes de création imposées aux artistes leur offrent, paradoxalement, un grand espace de liberté. Nos projets se présentent à ce titre davantage comme une dynamique d’échanges et d’expérimentations plutôt que des produits spectaculaires finis et léchés. Des processus de recherche que nous entamons éclosent certains fruits ; en effet, la finalité du « produit » vient souvent de l’approfondissement d’une démarche individuelle. Régulièrement, les artistes invités par La 2e Porte à Gauche continuent par la suite la démarche amorcée au sein de nos projets. À la fois laboratoire de recherche chorégraphique, plateforme de réflexion sur notre propre discipline et espace d’échanges, La 2e Porte à Gauche agit comme un stimulateur. Ces zones de friction entre pairs nous semblent nécessaires à repenser notre art car, au contact de l’autre, l’artiste affine ses choix et clarifie ses intentions.

Texte de Katya Montaignac, issu de la table ronde proposée par La 2e Porte à Gauche dans le cadre des journées d’études de la Société canadienne des études en danse « COLLABORATIONS : INTERSECTIONS, NÉGOCIATIONS, MÉDIATIONS DANS LES MONDES DE DANSE », Festival Transamériques 2012

(*) Van Imschoot M., 2003, « Lettres sur la collaboration », in Être ensemble : Figures de la communauté en danse depuis le XXe siècle, Centre national de la danse.

(à suivre : La collaboration vue par Élodie Lombardo, une des Soeurs Schmutt…)

Lire aussi : Pratiques collaboratives 1/4 par Rachel Billet
Le fantasme de la participation du public par Katya Montaignac (JEU #147, 2013)

Rendez-vous à l’hôtel | Épisode #9 : Le mythe…

Marie Mougeolle est auteure invitée à suivre le processus de collaboration du spectacle 2050 Mansfield : rendez-vous à l’hôtel qui « marie » 4 chorégraphes à 4 metteurs en scène. Citations…

Francis Ducharme et Clara Furey incarnent Roméo et Juliette dernière génération, qui cherchent entre amour et franche camaraderie le chemin d’un partage. Francis et Clara jouent à Roméo et Juliette, jouent à la romance fraîche et frétillante comme à la mort des amants, à la perte de l’autre, à la passion destructrice. Et on est pris au jeu. (Marie Mougeolle)

Épisode #9 : Roméo & Juliette…

De Catherine Gaudet et Jérémie Niel avec Francis Ducharme et Clara Furey
Musique : « Lovefool » de The Cardigans
Réalisation : Claudia Chan Tak
Tous droits réservés © 2014

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Clara Furey et Francis Ducharme sont Roméo et Juliette mis en scène par Catherine Gaudet et Jérémie Niel | Rendez-vous à l’hôtel de La 2e Porte à Gauche à l’Hôtel Le Germain de Montréal | Programmation Hors les murs de l’Agora de la danse | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Pour voir le projet de documentation complet : clchantak.wix.com/2050mansfield

Rendez-vous à l’hôtel | Épisode #8 : les rumeurs…

Quelques échos sur le spectacle 2050 Mansfield : rendez-vous à l’hôtel

Christian Saint-Pierre sur le blogue de la revue JEU | 2050 Mansfield : Chambres fortes | 2 février 2014 :  » Ce genre de spectacle, qui nous fait découvrir de nouveaux horizons, qui brouille les cartes, joue avec les conventions, mélange les disciplines et surtout réinvente le rapport entre la scène et la salle, l’œuvre et le public, dieu sait qu’on en voudrait plus, beaucoup plus !  »

Frédérique Doyon dans Le Devoir | Brouiller le désir et le rôle du spectateur | 27 janvier 2014 :  » L’idée du collectif de La 2e Porte à Gauche est aussi séduisante que le résultat troublant pour le spectateur, qui voit sa posture de voyeur exacerbée. Une expérience inusitée, aussi titillante que réjouissante.  »

Iris Gagnon-Paradis dans Dfdanse | Pour voyeurs avertis | 29 janvier 2014 :
 » ce nouvel ovni de La 2e Porte à Gauche propose d’abord une rencontre – qu’elle soit fusionnelle ou fracassante – entre ces deux médiums que sont la danse et le théâtre. Et interroge les liens unissant les deux au passage. […] En filigrane, la création joue aussi fortement sur les codes de la représentation – un sujet cher à La 2e Porte à Gauche -, proposant ici et là de jolies mises en abîme du spectacle dans le spectacle.  »

Extrait vidéo de la chambre 406 tourné par The Gazette : http://dai.ly/x1a6sx0

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CHAMBRE 406 : Emmanuel Schwartz et Peter James mis en scène par Frédérick Gravel et Catherine Vidal | 2050 Mansfield : rendez-vous à l’hôtel de La 2e Porte à Gauche à l’Hôtel Le Germain de Montréal | Programmation Hors les murs de l’Agora de la danse | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Aline Apoltolska dans le journal La Presse | Le plaisir ambigu du voyeur | 27 janvier 2014 :  » Un parcours inattendu et subtil. Toujours délectable « .

Philippe Couture dans Voir | Le voyeurisme encouragé | 28 janvier 2014 :
 » Les duos de chorégraphes et metteurs en scène formés pour l’occasion (et choisis parmi la crème de la scène contemporaine montréalaise), n’ont pas raté leurs rendez-vous intimistes avec Eros et Thanatos. […] leur approche de l’art in situ est portée par un réel désir de fouiller les lieux qu’ils envahissent pour en extraire un éventail de possibles, pour interroger de manière très organique la place qu’y occupe l’humain et le rôle des interactions qui s’y jouent.  »

Frédérique Doyon dans Le Devoir | Nuit clos sur le couple | 25 janvier 2014 :
 » Rendez-vous à l’hôtel nous rappelle qu’au fond, danse et théâtre forment un vieux couple, quand on remonte le cours de l’histoire. Mais un couple qui sait mettre du piquant pour se renouveler… »

Victor Swoboda dans The Gazette | Four rooms with a view | 24 janvier 2014  :
 » In a bedroom setting where spectators are close enough to reach out and touch the performers, it could be possible to achieve a level of intimacy that’s virtually unattainable in a traditional theatre « .

Clara Furey et Francis Ducharme sont Roméo et Juliette mis en scène par Catherine Gaudet et Jérémie Niel à l'Hôtel Le Germain de Montréal | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Clara Furey et Francis Ducharme sont Roméo et Juliette mis en scène par Catherine Gaudet et Jérémie Niel | 2050 Mansfield : rendez-vous à l’hôtel de La 2e Porte à Gauche à l’Hôtel Le Germain de Montréal | Programmation Hors les murs de l’Agora de la danse | Crédit photo : Claudia Chan Tak

 

Sur les blogs :

Nayla Naoufal sur Dance From The Mat | 4×2 – Vues sur chambres d’hôtel | 3 février 2014 :  » les propositions variées qui en ont résulté donnent à vivre une immersion dans un univers performatif mixte, sensible et expérientiel. Comme s’il était possible de plonger au cœur d’un film et de sentir le souffle des acteurs et les frémissements de leur peau. « 

Laure Julliard sur Une parisienne à Montréal | Regard croisé sur le couple | 27 janvier 2014 :  » L’expérience est esthétique, troublante et novatrice : elle se grave dans la mémoire. (…) un univers subversif, inattendu et pertinent.  »

Marie-Ève Beausoleil dans La Bible urbaine | Danse de chambre | 28 janvier 2014 :
 » l’hôtel ne consiste pas en un simple décor et une panoplie d’accessoires tout prêts. Il impose une expérience plus engageante physiquement et mentalement, tout en constituant un élément sémantique fondamental du spectacle. Les évocations qui en émanent sont multiples et puissantes. […] 2050 Mansfield / Rendez-vous à l’hôtel prouve brillamment que le jeu en vaut la chandelle.  »

Mathieu Gosselin et Marilyne St-Sauveur mis en scène par Marie Béland et Olivier Choinière à l'Hôtel Le Germain de Montréal | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Mathieu Gosselin et Marilyne St-Sauveur mis en scène par Marie Béland et Olivier Choinière | 2050 Mansfield : rendez-vous à l’hôtel de La 2e Porte à Gauche à l’Hôtel Le Germain de Montréal | Programmation Hors les murs de l’Agora de la danse | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Valéry Drapeau sur Boucle Magazine | Un « speed dating » entre la danse et le théâtre | 2 février 2014 :  » Danse-théâtre, théâtre dansé, pièce chorégraphique ou chorégraphie dialoguée… Je ne saurais trouver le terme exact de cette rencontre merveilleusement ambiguë au 2050 Mansfield  »

Marie-Ève Beausoleil dans La Bible urbaine | 21 janvier 2014 :  » L’œuvre s’annonce à la fois intelligente, interactive et émouvante. C’est donc un rendez-vous à l’hôtel à ne pas manquer.  »

Nathalie de Han sur Dfdanse | Le mariage méthode Montaignac | 20 janvier 2014

Philippe Couture dans Voir | Rencontre à l’aveugle (entrevues audio avec 4 créateurs) | 20 janvier 2014

Jérémie Niel et Vanessa Bousquet invités à l’émission radio Danscussion : http://media.choq.ca/audio/emissions/danscussions/2014/01/22571-emission-du-28-janvier-2014.mp3

Traces de spectateurs :

Merci pour cette expérience! J’ai vraiment beaucoup apprécié les performances proposées, j’aurais aimé continuer toute la nuit à ouvrir des portes de chambres d’hôtel pour y découvrir de nouveaux univers…
Robert St-Amour sur Facebook :
(…) Je m’en voudrais de ne pas mentionner le professionnalisme des organisateurs et des créateurs qui dès mon entrée ont fait en sorte que mon passage soit mémorable. Merci à vous de « La deuxième porte à gauche », de l’Agora de la danse et de l’Hôtel St-Germain.

Rendez-vous à l’hôtel | Épisode #7 : le fantasme…

Le spectateur est ici libre de réinventer l’histoire. D’imaginer le meilleur et le pire, tant la situation qui s’offre à lui reste ouverte. Peu de texte pour enfermer les suppositions dans des mots, et une danse qui intervient, comme ça, pour encourager l’imaginaire…

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Chambre 408 : Isabelle Arcand et Marc Béland mis en scène par Virginie Brunelle et Olivier Kemeid | 2050 Mansfield : rendez vous à l’hôtel de La 2e Porte à Gauche | Programmation Hors les Murs de l’Agora de la danse à l’Hôtel Le Germain de Montréal | Crédit Photo : Claudia Chan Tak

Épisode #7 : chambre 408…

La danseuse incarne la femme fantasmée, désirée ou espérée, et la danse devient alors symbole de l’impalpable. De ce qui échappe à l’autre chez l’être qu’il aime, ou ce qui appartient encore de liberté, en revers, à l’être aimé. Pas de jeu réciproque ici, simplement deux solitudes qui se jaugent plus qu’elles ne se jugent. Deux parcours parallèles, inconciliables. Deux solitudes, deux absences, deux mondes dans un même espace.

Les metteurs en scène ont choisi qu’Elle (Isabelle Arcand) était plus absente que Lui (Marc Béland). Pour ma part je ne suis pas sûre. Car on a beau nous raconter une histoire, on sait bien que tout un chacun, têtu qu’il est, fera bien ce qu’il veut. C’est là pour moi toute la richesse de cette proposition, éminemment poétique.

Marie Mougeolle*

Olivier Kemeid : « Le souvenir entretient une fusion, parfois malgré nous ».

(*) Marie Mougeolle vient de terminer une maîtrise en danse à l’UQAM sur l’interdisciplinarité, elle est auteure invitée par La 2e Porte à Gauche à suivre le processus de création du spectacle 2050 Mansfield qui invite 4 chorégraphes à collaborer avec 4 metteurs en scène.

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Marc Béland mis en scène par Virginie Brunelle et Olivier Kemeid en collaboration avec le vidéaste Jérémie Battaglia | 2050 Mansfield : rendez vous à l’hôtel de La 2e Porte à Gauche | Programmation Hors les Murs de l’Agora de la danse à l’Hôtel Le Germain de Montréal | Crédit Photo : Claudia Chan Tak

Chorégraphe : Virginie Brunelle | Metteur en scène : Olivier Kemeid
Interprètes : Isabelle Arcand et Marc Béland
Réalisation vidéo : Claudia Chan Tak
Extrait : « The Coming of the dial » de Productions Grierson
Tous droits réservés © 2013

Pour voir le projet de documentation complet : clchantak.wix.com/2050mansfield

La 2e Porte à Gauche donne rendez-vous au public à l’Hôtel Le Germain à Montréal jusqu’au 3 février 2014 + EN SUPPLÉMENTAIRES les 8 et 9 février !!!
Réservez vos places à l’Agora de la Danse !