PLUTON | opus #2 : Louise Bédard (avec un « d »)…

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Louise Bédard | crédit : Claudia Chan Tak

Louise Bédard a commencé à danser dans un salon ; elle s’est ensuite lancée dans l’apprentissage du ballet-jazz avant de se tourner vers la danse contemporaine. Depuis 1990, année où elle a fonde sa compagnie, elle crée ses propres projets chorégraphiques.

« On avait le désir de développer qui on est à travers la danse. C’est quoi être artiste ? Cette question que j’avais au début de ma carrière demeure d’actualité. »

L’ambiguïté sous la loupe
Avec Catherine Gaudet, Louise puise dans des zones qu’elle n’avait jamais explorées auparavant. Il s’agit de creuser « dans le bas du bas ».

Louise Bédard et Catherine Gaudet dans Pluton | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Louise Bédard et Catherine Gaudet dans Pluton | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Catherine s’intéresse à des situations émotives difficilement cernables. La dramaturgie se construit à travers un glissement d’états de corps.

« Experte en métamorphoses, [Louise Bédard] livre tout son être fuligineux, intense, miroir des âges d’un récit qui change selon la soirée. Combien la folie l’a hantée, la passion des nuits fantasmées, c’est évident, et une grâce. Actrice sans texte indispensable, car c’est son corps qui agit, elle conte pourtant en contrepoint d’un événement livré sans guère bouger. Cette pièce appartient à ce registre des performances minimalistes qui touchent par leur vérité. Pourtant, tout y est art. » Guylaine Massoutre, Métaphore d’une histoire vivante, Spirale, 14 octobre 2015.

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Louise Bédard mise en scène par Catherine Gaudet pour Pluton | Crédit photo : Claudia Chan Tak

« Cette femme-là… »
Sur scène, Louise Bédard incarne une femme mystérieuse, ambiguë. Un personnage fragile, sensible qui fluctue de la petite-fille au démon.

« Louise est d’une humilité qui la protège de toute prétention et qui la maintient dans le doute constamment. Et pour moi, c’est le signe d’une grande artiste »
(Catherine Gaudet à propos de Louise Bédard)

Notes issues du processus de création,
recueillies par Katya M.

« […] le portrait touchant et dérangeant d’une femme en mal d’expression est mis de l’avant par Catherine Gaudet et son interprète éclatante : Louise Bédard. Avec une gestuelle précise, où le rythme et le corps se brisent et se reconstruisent continuellement, elles arrivent à mettre en lumière le phénomène d’étouffement au devant du monde, d’emprisonnement du soi. […] Une ode à la danse, qui dit tout sans forcer, et qui disparaît en nous laissant nous taire. » Agathe Foucault, Reporter audacieux (18 septembre 2015).

Lire aussi :
Témoignage de Louise Bédard suite à la création de Pluton
La rencontre entre Louise et Catherine Gaudet pour le projet Pluton
Témoignage de Robert St-Amour, spectateur de Pluton
Entrevue avec Louise Bédard et Catherine Gaudet sur CIBL et maTV
La compagnie Louise Bédard Danse

L’oeil de Claudia sur La 2e Porte à Gauche…

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Le regard subjectif de Claudia Chan Tak posé sur l’équipe artistique de Pluton

La 2e Porte à Gauche est très fière d’exposer le travail de Claudia Chan Tak dans le cadre du FTA à la Place des Arts. HYDRA est un projet satellite de Pluton. Après avoir documenté en 2014 le processus de collaboration de Rendez-vous à l’hôtel, Claudia assiste, munie de sa caméra, au processus de création de Pluton depuis janvier 2015. Ses photos et captations vidéos témoignent des rencontres artistiques du projet. En outre, l’exposition Hydra s’enrichit de croquis et d’artefacts confectionnés et rassemblés par l’artiste.

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L’œil de Claudia Chan Tak posé sur La 2e Porte à Gauche… | Avec Peter James, Katya Montaignac et Katie Ward, en répétition pour Pluton

Claudia a commencé à s’intéresser aux projets de La 2e Porte à Gauche durant son Bac en danse. En écho à Hydra, nous exhumons de nos archives cet extrait inédit d’un travail rédigé en avril 2011 avec Liane Thériault pour le cours de Danse et société donné par Geneviève Dussault au département de danse de l’UQAM et dont le sujet portait sur la « danse in situ à Montréal »…

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Le Continental XL de Sylvain Émard présenté dans le cadre du FTA 2011 : on reconnaît Claudia au premier plan parmi les danseurs de l’événement…

Les enjeux artistiques de la danse in situ

Par son format particulier, la danse in situ présente de nouvelles adaptations, mais surtout de nouveaux défis artistiques. (…) Pour Katya Montaignac, faire du in situ c’est se débarrasser des codes de la scène, surtout pour les chorégraphes qui participent aux événements de La 2e Porte à Gauche : « On a noté les paradoxes, les retours inconscients de narcissisme non questionné qu’on véhicule avec nous dans notre formation de danse et de spectateur. C’est inconscient et intuitif. Sans s’en rendre compte, on les voit réapparaître même dans des contextes différents ». Le manque d’expérience fait que leurs attentes sont biaisées par leur vécu propre à l’univers scénique et que leurs choix artistiques ne sont pas nécessairement appropriés à l’intention première de leur œuvre in situ. En résumé, « ce n’est pas tout de danser dans la rue, [il faut y aller] sans utopie du public ».

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7 1/2 à part. (2008) | Spectacle de danse en appartement produit par La 2e Porte à Gauche et présenté pour la journée internationale de la danse organisée par le Regroupement québécois de la danse | Crédit Photo : Élaine Phaneuf | Sur cette photo, on reconnaît Julie Deschênes, Caroline Gravel, Martin Faucher et Lucie Bazzo parmi les spectateurs.

[…] Hors des murs des théâtres, le danseur devient plus vulnérable. Il ne dispose plus de la distance qui le sépare du spectateur et devient ainsi exposé à davantage de risques et d’imprévus. Cependant, comme le dit Gabrielle Surprenant Lacasse, cette vulnérabilité le rend plus humain, plus accessible aux yeux du public. En tant que spectatrice, la proximité avec les interprètes me surprend et me fascine toujours : leurs réactions, leur présence, leur concentration ainsi que leur capacité à gérer cette contiguïté. Je pense à 9½ à part., de La 2e Porte à Gauche où danseurs et spectateurs se mêlaient et où les réactions du public s’avéraient aussi intéressantes que celles des interprètes. Le spectateur devient parfois aussi vulnérable à cause de sa proximité avec les interprètes. Dans 9½ à part., on ne se sentait pas toujours à notre place, et le fait que n’importe qui pouvait devenir un point de regard pour d’autres observateurs pouvait perturber. Dans les projets semblables, les danseurs et les spectateurs se trouvent sur un pied d’égalité venant ainsi démocratiser l’art chorégraphique. (Liane Thériault)

[…] La possibilité de choisir son rôle de spectateur démocratise la danse, mais en plus, cela transforme sa perception de l’artiste, qu’il perçoit soudainement comme son égal, sans prétention et sans hiérarchie. Gabrielle Suprenant Lacasse allait dans ce sens en disant :

« Parce qu’on n’est pas des surhumains. On est des gens qui ont choisi de danser. C’est clair que sur scène on peut être magnifié. C’est normal de voir des corps et de rêver. Le in situ rend plus accessible : tu vois la sueur, l’effort. Tu vois qu’ils rushent avec le sol. Tu vois qu’ils travaillent, qu’ils shakent qu’ils sont essoufflés. Ça humanise la chose. Le mur n’est pas là, la scène non plus. C’est plus confrontant pour le spectateur, il n’y a pas la distance, il est plus engagé physiquement. La première fois que j’ai vu une danse de proche, c’est la main qui shake qui m’a touchée. »

Karine Cloutier, photo de Caroline Bergeron

Projet Vitrines (2005) | La 2e Porte à Gauche en collaboration avec le magasin Simons de Montréal | Crédit photo : Caroline Bergeron | Sur la photo : Karine Cloutier

[…] Toutefois, ceci reste une utopie, parce qu’on ne peut pas affirmer qu’une œuvre est plus accessible seulement parce qu’elle est présentée dehors. En fait, la qualité artistique joue pour beaucoup. Il faut faire des choix réfléchis pour ne pas effrayer un public qui ne connaît pas nécessairement l’univers de la danse contemporaine. Il faut se rappeler que le public est dans une situation qui peut lui sembler délicate et intimidante. Selon l’expérience de Samuel Gaudreau-Lalonde lors de l’événement 7½ à part. de La 2e Porte à Gauche, en tant que spectateur, « on ressent un inconfort du fait de ne pas comprendre tout ce qui arrive, de ne pouvoir dresser des frontières claires. On se met à douter des autres puisque l’on ne sait pas trop s’ils sont performeurs. Alors on fait attention de ne pas trop se commettre. » Cette ambigüité fait qu’il y a un énorme risque d’effrayer le spectateur et de l’éloigner à jamais du monde de la danse. Un des artistes de La 2e Porte à Gauche cité par Philip Szporer disait d’ailleurs : « Sometimes you make the right choice and everyone feels welcome and sometimes you don’t and everyone is a little alienated. » (Szporer, 2009)

Extraits inédits d’un travail rédigé par Claudia Chan Tak et Liane Thériault en avril 2011  (cours de Danse et société donné par Geneviève Dussault au Bac en danse de l’UQAM).

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Retrouvez les vidéos, photos et croquis de Claudia Chan Tak exposés dans Hydra, l’exposition présentée le cadre du FTA 2016 à la Place des Arts du 25 mai au 19 juin 2016 en partenariat avec la Fondation Jean-Pierre Perreault et l’école de danse contemporaine de Montréal

PLUTON | Témoignage de Robert St-Amour…

Michèle Febvre mise en scène par Nicolas Cantin dans Pluton | Une coproduction de La 2e Porte à Gauche, Danse-Cité et l'Agora de la danse | Crédit photo : Nicolas Ruel

« Pluton nous entraîne ailleurs… » Michèle Febvre mise en scène par Nicolas Cantin dans Pluton | Crédit photo : Nicolas Ruel

C’est à travers leur réception que les œuvres chorégraphiques se prolongent. Nous publions aujourd’hui ce témoignage reçu de la part d’un spectateur assidu :

Lorsque La 2e Porte à Gauche nous propose une sortie, nous sommes loin des lieux traditionnels. Nous avons eu droit à un club de danseuse ou à des chambres d’hôtel. Cette fois, le lieu est traditionnel, l’Agora de la danse, mais ce qui diffère, c’est ce qu’on y découvrira.

Pluton nous entraîne ailleurs dans le temps.

Pluton pour moi, c’est d’abord, mais pas seulement, des histoires.

D’abord, l’histoire d’une femme, Katya Montaignac qui a insisté et aussi persisté pour que le projet aboutisse et pour cela un gros merci à elle.

Ginette Laurin et Daniel Soulières mis en scène par Virginie Brunelle dans Pluton | Une coproduction de La 2e Porte à Gauche, Danse-Cité et l'Agora de la danse | Crédit photo : Nicolas Ruel

« C’est aussi l’histoire de la danse contemporaine d’ici… » | Ginette Laurin et Daniel Soulières mis en scène par Virginie Brunelle dans Pluton | Crédit photo : Nicolas Ruel

C’est aussi l’histoire de la danse contemporaine d’ici avec sur scène Michèle Febvre, Louise Bédard, Ginette Laurin, Daniel Soulières et Linda Rabin, avec aux commandes Virginie Brunelle, Nicolas Cantin, Catherine Gaudet et Jean-Sébastien Lourdais. Mais aussi, privilège lors de ma présentation, dans les sièges de spectateurs, Françoise Sullivan et Jeanne Renaud qui ont dansé ensemble l’événement considéré fondateur de la danse contemporaine au Québec en 1948.

J’assistais il y a quelque temps à une présentation de Sophie Michaud qui portait sur l’histoire de la danse d’ici et elle nous parlait avec enthousiasme de ces pionnières et de ceux et celles qu’elles ont formé. Chanceux ai-je été d’avoir pu les voir en vrai, ces différentes générations qui nous amené jusqu’à aujourd’hui, pincez moi quelqu’un !

C’est donc aussi mon histoire personnelle qui s’est enrichie en ces jours de septembre 2015 lors de ces rencontres inoubliables.

Louise Bédard mise en scène par Catherine Gaudet dans Pluton | Une coproduction de La 2e Porte à Gauche, Danse-Cité et l'Agora de la danse | Crédit photo : Nicolas Ruel

« Comment réagiriez-vous s’il y avait Louise Bédard qui s’approchait de vous… ? » | Louise Bédard mise en scène par Catherine Gaudet dans Pluton | Crédit photo : Nicolas Ruel

Impossible de résumer en quelques mots, tout ce que l’on peut ressentir devant tant de nuances en geste, d’intensité montrée ou retenue. Quatre œuvres dans lesquelles la signature du chorégraphe est tout à fait perceptible mais totalement pris en charge par les interprètes. Des moments de pur bonheur, mais pour ma part, la chance s’est faite encore plus grande. Durant une prestation, comment réagiriez vous s’il y avait Louise Bédard qui s’approchait de vous, s’adressait à vous seul en vous disant que êtes plus beau sans vos lunettes et que surtout que vous avez de beaux yeux. Vous je ne sais pas, mais moi, je me suis senti troublé et privilégié. Mes pupilles, mais pas seulement, en garderont un souvenir impérissable. Elle pouvait choisir mon voisin après tout !

Pluton, un immense coup de cœur pour moi, mais pas seulement, suffit d’en parler à ceux et celles qui ont eu la chance d’y être. Si on se mettait à rêver, on pourrait espérer des reprises.

Robert St-Amour

PLUTON | Témoignages de spectateurs…

En septembre 2015, un projet pilote proposé par Ivana Milicevic et Lëa-Kim Châteauneuf voit le jour à l’Agora de la danse : la docuBOX. Il s’agit d’un réseau sur lequel peuvent se connecter tous les spectateurs dans l’enceinte de l’Agora à l’aide de leurs cellulaires intelligents et autres tablettes afin d’obtenir des informations relatives au spectacle auquel ils assistent.

Pour Pluton, le spectateur pouvait y trouver le carnet de bord de la création, des notes de danseurs, des photos d’archives et même quelques extraits vidéos et photos issus du processus de création…

Linda Rabin mise en scène par Jean-Sébastien Lourdais dans Pluton | Une coproduction de La 2e Porte à Gauche, Danse-Cité et l'Agora de la danse | Crédit photo : Nicolas Ruel

Linda Rabin mise en scène par Jean-Sébastien Lourdais | Crédit photo : Nicolas Ruel

Louise Bédard mise en scène par Catherine Gaudet dans Pluton | Une coproduction de La 2e Porte à Gauche, Danse-Cité et l'Agora de la danse | Crédit photo : Nicolas Ruel

Louise Bédard mise en scène par Catherine Gaudet dans Pluton | Une coproduction de La 2e Porte à Gauche, Danse-Cité et l’Agora de la danse | Crédit photo : Nicolas Ruel

Le public peut également partager ses impressions ou poser des questions de manière anonyme grâce au clavardage…

Clavardage de spectateurs sur la docuBOX proposée par Ivana Milicevic et Lëa-Kim Châteauneuf à l'Agora de la danse

Clavardage de spectateurs sur la docuBOX proposée par Ivana Milicevic et Lëa-Kim Châteauneuf à l’Agora de la danse

PLUTON | Témoignage de Louise Bédard

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Louise Bédard : De « fan » que j’étais, j’ai pu danser par la suite avec Ginette, Daniel et Michèle…

Suite au projet Pluton, nous partageons avec émotion ce vibrant témoignage de Louise Bédard :

Comment exprimer cet émoi de partager, grâce au projet Pluton, la scène avec toutes ces belles personnes que sont Linda Rabin, Michèle Febvre, Daniel Soulières et Ginette Laurin, ces personnalités fortes avec qui j’ai appris mon métier de danseuse professionnelle. Elles étaient toutes si inspirantes qu’en les voyant danser à l’époque de mes débuts je n’avais pas le choix de sauter dans le même train.

Daniel Soulières et Louise Bédard dans une chorégraphie de Paul-André Fortier en 1982 | Photo : Jack Udashkin

Daniel Soulières et Louise Bédard dans une chorégraphie de Paul-André Fortier en 1982 | Photo : Jack Udashkin

Chevy Dream (1986) | Chorégraphie : Ginette Laurin | Interprètes : Ginette Laurin & Kenneth Gould | Représentation en plein air à Aix-en-Provence

Les ancêtres de La 2e Porte à Gauche : « On présentait des pièces dans des endroits inusités, des lieux marginaux genre loft, discothèque et autres… » | Chevy Dream (1986) en plein air à Aix-en-Provence | Chorégraphie : Ginette Laurin | Interprètes : Ginette Laurin & Kenneth Gould

De « fan » que j’étais, j’ai pu danser par la suite avec Ginette, Daniel et Michèle à l’époque de Fortier Danse création. Puis les chemins se traçant et se recomposant de nouveau j’ai dansé pour Ginette et Daniel qui ont à leur tour dansé pour moi au sein du collectif Most Modern dont nous étions tous les 3 responsables artistiques. On présentait alors des pièces dans des endroits inusités, des lieux marginaux genre loft, discothèque et autres.

Michèle quant à elle a pris part à une de mes créations Vierge Noire. Linda a été mon principal mentor dans l’apprentissage de la danse moderne et j’ai aussi eu l’occasion de danser dans certaines de ses pièces. Sans vouloir faire un hommage, je ne peux que m’incliner d’avoir côtoyé ces personnes uniques qui ont aidé à façonner notre histoire de la danse d’ici. C’est tout un tour de piste !

Salut historique lors de la première du projet Pluton le 16 septembre 2015 | Une production de La 2e Porte à Gauche, Danse-Cité et l'Agora de la Danse | De gauche à droite : Tomas Furey, Katya Montaignac, Linda Rabin, Jean-Sébastien Lourdais, Ginette Laurin, Virginie Brunelle, Daniel Soulières, Louise Bédard, Catherine Gaudet, Michèle Febvre et Nicolas Cantin.

Salut historique lors de la première du projet Pluton le 16 septembre 2015 | Une coproduction de La 2e Porte à Gauche, Danse-Cité et l’Agora de la Danse | De gauche à droite : Tomas Furey, Katya Montaignac, Linda Rabin, Jean-Sébastien Lourdais, Ginette Laurin, Virginie Brunelle, Daniel Soulières, Louise Bédard, Catherine Gaudet, Michèle Febvre et Nicolas Cantin | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Que dire aussi de ces chorégraphes du projet Pluton qui nous font danser, rire et presque pleurer parfois : Catherine Gaudet, Jean- Sébastien Lourdais, Virginie Brunelle et Nicolas Cantin. Sans cette perspicacité de Katya Montaignac qui a mis en œuvre ce beau projet avec La 2e Porte à Gauche et Danse-Cité, je ne suis pas certaine qu’une telle aventure de retrouvailles et aussi de nouvelles rencontres aurait été possible.

Louise Bédard

Louise Bédard | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Louise Bédard dans Pluton, une production de La 2e Porte à Gauche en coproduction avec Danse-Cité et l’Agora de la danse | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Consulter aussi :
La rencontre entre Louise et Catherine Gaudet pour le projet Pluton
Reportage radio de Michel Labrecque sur l’état de la danse au Québec sur Radio-Canada
Consultez le webreportage de Michel Labrecque sur le sujet
Entrevue avec Louise Bédard et Catherine Gaudet sur CIBL et maTV
La compagnie Louise Bédard Danse

PLUTON | Hors-scène : Ginelle et Tomas…

18 février 2015 | Invité comme compositeur, Tomas Furey est emballé par le projet Pluton. Il apprécie particulièrement les chorégraphes ainsi que les danseurs engagés dans l’aventure. Dès notre première rencontre, il s’implique bien au-delà de la composition musicale en me questionnant autant sur la ligne directrice du projet que sur la vision artistique de La 2e Porte à Gauche. Il pose des questions pertinentes. Épineuses aussi.

Assistant à un enchainement en studio, Tomas ne mâche pas ses mots à l’égard du choix musical : « Beethoven, ça beurre un peu épais, non ?… »

Il aime beaucoup l’idée d’un spectacle à géométrie variable. Le défi est double pour lui car il consiste à composer pour 3 opus distincts et esthétiquement indépendants, tout en pensant à une cohérence musicale.

Ginelle Chagnon, Linda Rabin, Jean-Sébastien Lourdais et Tomas Furey | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Ginelle Chagnon, Linda Rabin, Jean-Sébastien Lourdais et Tomas Furey en repetition pour Pluton au labo de l’Agora de la danse | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Complice privilégiée des interprètes, Ginelle Chagnon est la répétitrice du projet Pluton. Son écoute sensible et son regard aiguisé sont extrêmement précieux pour toute l’équipe artistique.

Ginelle Chagnon et Linda Rabin en répétition pour Pluton au labo de l'Agora de la danse | Une coproduction de La 2e Porte à Gauche et Danse-Cité | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Ginelle Chagnon et Linda Rabin en répétition pour Pluton au labo de l’Agora de la danse | Une coproduction de La 2e Porte à Gauche et Danse-Cité | Crédit photo : Claudia Chan Tak

19 mars 2015 | Tomas épouse chacune des propositions. Il discute avec les chorégraphes, les questionne, leur fait des propositions, les retravaille en fonction de leurs retours, il vient même jouer live en studio.

Tomas Furey et Daniel Soulières en répétition pour Pluton | Une coproduction de La 2e Porte à Gauche et Danse-Cité avec et à l'Agora de la danse | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Tomas Furey et Daniel Soulières en répétition pour Pluton | Une coproduction de La 2e Porte à Gauche et Danse-Cité avec et à l’Agora de la danse | Crédit photo : Claudia Chan Tak

16 septembre 2015 | C’est la première du projet Pluton : Debout à la régie, Tomas accompagne chaque danseur dans sa pièce et vibre avec eux. Une main sur la console, l’autre main sur son ordinateur, il pitonne, sonorise l’espace, joue avec le volume. Pendant le solo de Linda, il s’étire toujours au même moment. Petite danse de l’ombre. La face cachée de Pluton… 😉

(notes issues du processus de création, tanscrites par Katya M.)

Bonus track : le videoclip du premier single de Tomas où il se commet dans une chorégraphie, aux côtés de Clara Furey, Paige Culley et Louise-Michel Jackson :

PLUTON | opus #4 : Linda et Jean-Sébastien

3 juin 2013 | Jean-Sébastien Lourdais est balance. Comme Linda Rabin. Il a découvert le continuum avec elle et cette approche marque singulièrement son univers chorégraphique, affinant ainsi sa conscience du mouvement et sa présence scénique.

20 juin 2013 | Voir Linda danser, c’est comme assister à un rituel. Elle commence avec sa respiration : elle souffle, grogne et gargouille les yeux fermés. Elle marche au ralenti et remplit l’espace. Le son résonne dans son corps. Elle se transforme et éructe. Elle devient sorcière, animale, végétale, volatile… On dirait qu’elle a toujours dansé pour Jean-Sébastien.

Linda Rabin | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Linda Rabin | Crédit photo : Claudia Chan Tak

22 avril 2015 | Tomas Furey enregistre le souffle de Linda, ainsi que le bruit de la chaise qu’elle traîne sur le sol. Amplifié et trituré live, le son devient alors un véritable partenaire de l’expérience.

28 avril 2015 | Mise en commun : Avant de commencer son solo, Linda nous invite à respirer, à regarder autour de nous, à prendre l’espace. Trouvez votre place. Pénétrer l’espace. Fermez les yeux et respirez. Ayez conscience de votre corps. Détendez-vous. Respirez dans toutes les parties de votre corps. Ça nous ouvre la perception, ça nous met en condition pour plonger avec elle au cœur de la sensation.

Linda Rabin en répétition pour Pluton au labo de l'Agora de la danse | Crédit photo : Claudia Chan Tak

Linda Rabin en répétition pour Pluton au labo de l’Agora de la danse | Crédit photo : Claudia Chan Tak

14 septembre 2015 | Le travail de Jean-Sébastien est extrêmement exigeant. Il s’ancre à travers ce qu’on appelle les « états de corps ». Jusqu’au spectacle, le solo change à chaque répétition ! Même si l’esprit demeure, Jean-Sébastien pousse toujours plus loin son travail d’épuration. Il retire d’abord la musique, puis la voix, puis le micro, le souffle, la chaise, les expressions du visage…
Que reste-t-il ?
Linda.

(notes sur le processus de création, transcrites par Katya M.)

Linda Rabin à 5 ans

Linda Rabin à 5 ans

In my 45th year of life and after 40 years of being in the dance world, I woke up one morning to an inner voice that announced quite simply, “Linda, if you want to evolve as a human being, you have to give up dance.” I was shocked by these unexpected words. Dance was my life. Yet I immediately understood that I had no choice but to quit if I was to survive.

Seven years later, and after an exploratory journey that took me through many new routes of possibility, I came upon a short film on Continuum Movement. I was mesmerized by what I saw – fluid undulations of the naked torso at once profound, universal, human, yet transcending the flesh. I felt the art of movement at its most intrinsic level. I was witnessing movement coming from the source of life. This encounter with Continuum was a turning point. It brought me back to my love for the art of movement.

Emilie Conrad, the founder of Continuum, would often say, “Movement is what we are, not just something we do.” For me, this intrinsic movement experience is both art and healing, it is a way of life knowledge and spiritual practice.

Linda Rabin, 29 août 2015.

Photo prise à LADMMI, circa 1985 : Linda Rabin enseigne. On voit Daniel Soulières dans le groupe (photographe inconnu)

Photo prise à LADMMI, circa 1985 : Linda Rabin enseigne. On voit Daniel Soulières dans le groupe (photographe inconnu)