Projet Vitrines | 2005

Le pourquoi du Projet Vitrines

Premièrement, comment faire connaître l’existence de la danse au plus de gens possible, simplement, sans aller plus loin que cette question.

Marie-Eve Quilicot, photo de Marie Béland

Danseuse : Marie-Eve Quilicot, photo de Marie Béland

L’art est un cadeau que l’humain s’est donné pour profiter de sa vie, pour la comprendre ou pour y participer. Malheureusement, une société utilitariste ne voit pas la richesse que nous apporte ce cadeau, mais plus la richesse qu’il faut y investir pour que les institutions survivent. Si on suit cette logique de vente avec rapide retour aux actionnaires, il est clair qu’il sera toujours plus facile de vendre de l’amusement, du cul, du sucre, que de convaincre les gens qu’il existe autre chose.

Il faut bien entendu demander que les gouvernements ne laissent pas tomber une production artistique qui en arrache, mais il ne faudrait surtout pas oublier de d’abord voir toute la volonté qu’ont les jeunes artistes de se développer, montrer leur vision du monde, enfin de donner ce cadeau qu’est l’art au plus de gens possibles. Dans une logique carriériste, les spectacles couverts par les médias auxquels on invite quelques importants du milieu ont un certain impact pour la carrière de l’artiste, mais il serait faux de croire que ces artistes n’ont pas la volonté de donner le cadeau de leur art à plus de gens qu’au cercle restreint des initiés, sans en attendre une récompense immédiate, une reconnaissance officielle. La preuve en est de tous ces danseurs, chorégraphes, vidéastes qui ont d’emblée embarqué dans ce projet sachant qu’ils donneraient leur temps et leur talent dans le simple but de faire vivre la danse.

Crédit photo : Marie Béland

Il est malheureusement difficile de produire de la danse et de la montrer autrement qu’en occasionnant d’importantes dépenses. Les studios, les théâtres, le temps de répétition, tout cela est dispendieux, et ce qui est le plus triste est que très peu de gens auront ensuite accès au produit fini. On pourrait dire que cet art est inaccessible, on pourrait aussi dire qu’on ne peut pas prendre conscience de son existence dans le bruit de l’industrie du spectacle, de la musique et de la télé.

La 2e Porte à Gauche veut, à l’aide de son projet vitrines, profiter de ce contact direct avec les passants pour leur donner un peu d’art, librement, simplement. Elle veut aussi profiter de l’impact médiatique de ce projet pour être en mesure de rivaliser avec les gros canons du divertissement. L’art, c’est souvent chercher des voies, et c’est ce que ce projet fait en premier lieu, en voulant amener la danse près des gens, en se servant d’un outil de marketing simple, direct, et surtout en profitant de toute cette énergie et cette volonté qu’ont les danseurs de la jeune génération.

Oui tout le monde veut vivre de son art, mais avant tout il faut que l’art vive, se pratique. Maintenant est-il possible de faire part de cette immense richesse à tout le monde, est-ce que la danse n’est faite que pour les initiés ? Le projet Vitrines se veut une réponse à ces questions, en même temps qu’une preuve d’engagement pour la danse vivante.

Danse sans aucune obligation de votre part, échantillon de culture, comment résister à la tentation de l’essai gratuit pour une semaine ?

Frédérick Gravel, février 2005

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